Lille : La fermeture des bars fait souffrir toute la filière des distributeurs de boissons

COMMERCE Hormis dans les grandes surfaces, l’économie de la distribution de boissons est dans le rouge

Gaëtane Deljurie

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La brasserie Lambelin à Faches-Thumesnil, près de Lille.
La brasserie Lambelin à Faches-Thumesnil, près de Lille. — Lambelin
  • Dans le métropole de Lille, les bars sont fermés par décret, depuis une semaine.
  • Toute la filière des fournisseurs s'en trouve pénalisée, avec une baisse d'activité très importante.

Les débits de boissons ferment. Derrière un simple comptoir, c’est aussi tous les fournisseurs qui toussent. A commencer par les distributeurs spécialisés. A Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, Sodiboissons et ses 104 salariés réussiront péniblement à atteindre 28 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année (contre 42 attendus et 38 réalisés en 2019).

« Sur 1.500 clients, nous en avons 100 qui sont fermés sur la métropole de Lille, mais toute la filière souffre », explique Laurent Pecqueur, à la tête de l’entreprise. Il a posté une vidéo sur les réseaux sociaux qui est devenue virale : « Le carnage économique se profile avec de nombreuses faillites en cascade ».

Nouvelles normes imposées

Le dirigeant a depuis fait le tour des médias pour pousser son coup de gueule. « Certains restaurants fermeront car les nouvelles normes imposées ne leur permettent pas d’être rentables. L’activité des traiteurs et organisateurs d’évènements, comme les mariages, est à l’arrêt. Les stades de football comme Bollaert à Lens ou Pierre-Mauroy à Lille ont réduit leur jauge à peau de chagrin. Le plus problématique reste les discothèques. »

En aval, les fournisseurs de boissons ou de nourritures, ceux qui n’écoulent pas leurs productions en grande distribution par exemple, vont également boire la tasse. « Pour certains vignerons indépendants, micro-brasseries ou petits producteurs qui ne travaillent quasiment qu’avec les cafés-hôtels-restaurants, le manque à gagner va être colossal », souligne Laurent Pecqueur.

Hypothèse de perte de 30 %

Alexis Lambelin, à la tête de la Brasserie Lambelin, préfère, quant à lui, « se ranger à la décision et penser au rebond ». Sur les 1.050 clients, 190 sont actuellement fermés par décret dans la métropole lilloise, 180 gardent une activité qui risque d’être divisée par deux.

« Sur le mois d’octobre, on risque ainsi de perdre un million d’euros de chiffre d’affaires, sachant que nous en réalisons 30 millions par an pour 70 salariés », détaille le dirigeant qui est parti sur une hypothèse de perte de 30 %.

« Je compte mettre à profit cette baisse d’activité pour travailler sur les sujets qu’on repousse toujours à plus tard, comme la formation de nos salariés, la mise en place d’un outil de commande, le politique de développement durable avec le recyclage, le transport vert, la consigne, les emballages, etc. » Et, ainsi, être prêt pour les réouvertures.