La crise passe la seconde autour de Roubaix

LILLE Westaflex, Intissel, Facam, Roquette... Jour après jour, la crise prend des noms différents sur le versant nord-est de la métropole lilloise (Roubaix-Tourcoing) où les menaces de licenciements se multiplient.

Vincent Vantighem

— 

La Redoute à Roubaix, en décembre 2008.
La Redoute à Roubaix, en décembre 2008. — 20 Minutes

«Entre le Nord de la métropole et le reste, l'écart est toujours aussi flagrant», regrette Michel François Delannoy, le vice-président (PS) en charge du développement économique à Lille métropole communauté urbaine (LMCU).

Spécialisée dans la vente à distance, le textile et l'automobile, l'industrie du coin a de bonnes raisons de subir la crise de plein fouet. Exemple chez l'équipementier automobile Westaflex. Installé depuis un demi-siècle à Roubaix, il a vu le nombre de ses commandes divisé par deux depuis le mois d'octobre. Résultat: 75 licenciements sur 400 salariés doivent être annoncés demain lors d'un comité d'entreprise. «Dites à n'importe quelle boîte de vivre avec 50 % de ses commandes, vous verrez comment elle réagit», lance fataliste Gilles Verstraete, le gérant de l'entreprise.

La crise, une excuse? C'est ce que croit Hamid Mattalah, délégué (CGT) chez Roquette à Wasquehal. Ce fleuron de la teinture textile devrait licencier une cinquantaine de personnes. «Ça fait longtemps qu'on ne tourne pas à 100 %, explique le syndicaliste. Mais c'est aujourd'hui qu'on choisit de licencier...»

C'est pour cette raison que Michel-François Delannoy reste attentif à ce qui se passe. L'élu a demandé au préfet de réunir les professionnels du secteur pour prendre des mesures. C'était en décembre. Il n'a pas encore eu de réponse. «Tout n'est pas noir. Près de 130 000 m2 de bureaux ont été commercialisés l'année dernière dans la métropole. La création d'entreprise était en hausse de 4% à la fin novembre. C'est maintenant qu'il faut agir pour ne pas sombrer.»

 MOBILISATION
Un CE doit se tenir aujourd’hui à La Redoute sur la question des 672 suppressions de postes annoncés en décembre. Les syndicats ont appelé à des débrayages ce matin à 11 h sur les sites de Roubaix et la Martinoire à Wattrelos. Leur objectif? Mobiliser tous les salariés dont l’emploi est menacé. «Nous avons des contacts avec les Trois Suisses, avec Westaflex, annonce Fabrice Peeters, de la CGT. On espère être tous ensemble
à la grande manif du 29 janvier.»