5G : Martine Aubry appelle la métropole de Lille à organiser un « grand débat »

TECHNOLOGIE Après le moratoire qui suspend l’implantation de la 5G à Lille, Martine Aubry souhaite l’ouverture d’un débat métropolitain sur le sujet d’ici à la fin de l’année

Gilles Durand

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Illustration de la technolgie 5G.
Illustration de la technolgie 5G. — AFP
  • La maire de Lille, Martine Aubry, a fait voter un moratoire sur le déploiement de la nouvelle génération de réseaux mobiles 5G.
  • Cette motion suspend, sur le territoire de la commune, « toute autorisation d’implantation » jusqu’à la publication du rapport de l’Anses prévue en mars.
  • La délibération du conseil municipal demande aussi à la métropole de Lille d’organiser un « grand débat » sur le sujet avant la fin de l’année.

La 5G au cœur des débats. Vendredi soir, la maire (PS) de Lille, Martine Aubry, a fait voter un moratoire sur le déploiement de la nouvelle génération de réseaux mobiles. Cette motion suspend, sur le territoire de la commune, « toute autorisation d’implantation ou d’allumage d’antennes test » jusqu’à ce que soit publié le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) au printemps 2021.

Un sursis dont se félicite Stéphane Baly, conseiller municipal (EELV) et ex-candidat à la mairie, qui en avait fait un argument de campagne. « Nous sommes contents que Martine Aubry ait changé d’avis sur le sujet. L’an dernier, elle n’avait pas soutenu une intervention que nous avions faite sur le même sujet lors d’une commission au sein de la Métropole de Lille », confie l’opposant à 20 Minutes.

D’abord l’extinction de la 2G et de la 3G

Cette fois, la délibération demande aussi à la Métropole de Lille (MEL) d’adopter « une position similaire », en demandant notamment que « le seuil d’exposition acceptable fixé par l’Organisation mondiale de la Santé à 61 v/m soit abaissé à 4 v/m à l’échelle de la MEL » et qu' « une extinction (…) de la 2G et de la 3G, particulièrement énergivores et désormais réputées saturées, précède tout éventuel déploiement d’une nouvelle technologie ».

Pour la mairie de Lille, « un grand débat métropolitain [doit être] organisé sur ce sujet de société d’ici la fin de l’année 2020 ». Si les écologistes ont applaudi cette décision, ce n’est pas le cas de l’opposition (LREM). « La majorité (…) critique le gouvernement en gesticulant plutôt que d’argumenter et d’écouter nos scientifiques lillois », a notamment tweeté, Violette Spillebout, ex-candidate à la mairie.

Lille n’est pas la première collectivité à s’engager. L’assemblée régionale de Corse avait voté pour un moratoire, dès le mois de juillet. En septembre, environ 70 élus, parmi lesquels les maires de Lyon, Bordeaux ou Marseille, avaient publié une tribune en faveur de la « tenue d’un débat démocratique décentralisé » sur le déploiement de la 5G.

« La sobriété numérique est une question de société »

« Dans son rapport d’octobre 2019 sur la 5G, l’Anses affirme d’ailleurs avoir "mis en évidence un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels de cette technologie". (…) Il nous semble indispensable d’attendre ses conclusions avant de déployer la 5G », estiment ces élus.

« Le rythme de déploiement ne doit pas être laissé aux mains des consortiums des télécoms, ajoute Stéphane Baly, également ingénieur spécialisé dans l’énergie. La sobriété numérique est une question de société qui va au-delà des éventuels problèmes de santé et mérite mieux que les caricatures du président de la République sur les Amish. Qu’est ce qui concoure à la multiplication de la consommation ? Où est l’équilibre lorsque les grandes métropoles peuvent disposer de la 5G et que certains territoires restent à 0G ? »