Le procès de la vengeance

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Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Une femme de 44 ans comparaît depuis, hier, devant la cour d'assises du Nord pour assassinat.

En mars 2005, elle a garé son scooter devant l'appartement de son compagnon, a attendu qu'il descende et l'a poignardé à douze reprises. Syndicaliste CGT bien connu, l'homme de 57 ans est mort sur le trottoir. Ensuite, la jeune femme est allée annoncer à sa fille que son père était mort avant de se rendre au commissariat. Aux policiers, elle a alors clairement expliqué qu'elle avait agi ainsi car son compagnon abusait de leur fille âgée de neuf ans alors. Après le meurtre, l'accusée avait dit à sa fille : « Ton père ne t'embêtera plus. J'ai fait ce qu'il fallait. »

Cheveux blonds retenus en chignon, la jeune femme a tenté de se justifier, hier, à la barre : « Il m'a dit : Elle est bonne ta fille en faisant un geste avec sa langue. J'ai vu rouge. J'étais hors de moi. Mais je ne voulais pas le tuer. » Les jurés ont jusqu'à ce soir pour trancher cette question. Le verdict devrait être rendu très tard. ■ Vincent Vantighem