5G : Le conseil municipal de Lille vote un moratoire

TECHNOLOGIE La ville entend suspendre « toute autorisation d’implantation ou d’allumage d’antennes test » jusqu’à la publication en 2021 d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire

20 Minutes avec AFP

— 

Un magasin à Tokyo vendant des smartphones acceptant la technologie 5G (illustration).
Un magasin à Tokyo vendant des smartphones acceptant la technologie 5G (illustration). — Takehiko Suzuki/AP/SIPA

Alors que les premières enchères ont été lancées le 29 septembre, la fronde d’élus locaux contre la 5G ne faiblit pas. Le conseil municipal de Lille a ainsi adopté dans la nuit de vendredi à samedi un moratoire sur le déploiement de la nouvelle génération de réseaux mobiles. La motion prévoit de surseoir, sur le territoire de la commune, « à toute autorisation d’implantation ou d’allumage d’antennes "test" » jusqu’à la publication au printemps 2021 d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire.

Encore des « zones d’ombre »

« Parce que nos doutes persistent tant du point de vue sanitaire que de la sobriété numérique sur le déploiement de la 5G, nous avons voté (…) un moratoire. Il est urgent d’attendre ! », a déclaré la maire de Lille Martine Aubry. « Avant de pouvoir affirmer que la 5G représente à coup sûr un progrès pour nos villes et leurs habitants, il nous semble que plusieurs zones d’ombre (…) doivent encore être éclaircies », expliquent les élus dans la motion, présentée par la majorité municipale, le groupe Lille en commun. « Les rapports officiels publiés ces derniers mois (…) ne permettent toujours pas aux instances les plus compétentes d’exclure tout risque réel sur les populations en lien avec l’exposition à cette nouvelle technologie », arguent-ils.

Les élus s’interrogent aussi sur « le haut niveau des investissements induits », dans le « contexte financier difficile » lié à l’épidémie de Covid-19, ou encore sur « l’utilité réelle » de cette technologie qui contraindra particuliers et professionnels « à renouveler leurs produits électroniques en dépit de toute considération liée à leur durabilité ».

L’ensemble du conseil municipal ne valide cependant cette motion. « La majorité se cache derrière les peurs et critique le gouvernement en gesticulant plutôt que d’argumenter et d’écouter nos scientifiques Lillois. Un moratoire de posture, sans effet juridique », a notamment tweeté l’une des principales opposantes à Martine Aubry au conseil municipal, Violette Spillebout (ex-candidate LREM à la mairie). Elle en veut pour preuve que la mairie a déjà rendu « 20 avis défavorables au passage d’antennes de la 4G à la 5G l’année dernière », qui sont restés sans effet car seulement consultatifs.

La compétence des villes en question

En 2011, le Conseil d’Etat avait établi qu’une commune n’a pas la compétence de « réglementer de façon générale l’implantation des antennes relais de téléphonie mobile ». Ce pouvoir est réservé aux autorités nationales. « Le principe de précaution ne permet pas à une autorité publique d’excéder son champ de compétence », affirmait également le juge administratif. Toutefois, le gouvernement et le principal opérateur français Orange ont donné des gages ces derniers mois, assurant qu’ils prendraient en compte les réticences locales.