Coronavirus à Lille : Quelles sont les conséquences du passage en zone d'alerte maximale ?

EPIDEMIE Le ministre de la Santé a annoncé, ce jeudi soir, que la métropole de Lille est désormais classée en zone d’alerte maximale

Mikaël Libert

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Illustration coronavirus à Lille.
Illustration coronavirus à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • La métropole européenne de Lille va basculer en zone d’alerte maximale.
  • De nouvelles mesures sanitaires vont être prises, notamment la fermeture des bars.
  • Il n’est toutefois pas question que le préfet décrète des reconfinements locaux.

Ce qui devait arriver… Ce jeudi soir, lors de son allocution télévisée hebdomadaire sur l’épidémie de coronavirus, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé le classement de la Métropole européenne de Lille (MEL) en zone d’alerte maximale dès samedi matin. Une nouvelle étape dans la lutte contre le Covid-19 qui n’est finalement pas une surprise, les indicateurs n’ayant cessé de se dégrader dans la métropole. Mais qu’est ce que cela implique concrètement ? On fait le point.

Les nouvelles mesures qui seront mises en place à Lille à partir de samedi seront vraisemblablement calquées sur celles en vigueur dans les métropoles déjà placées en alerte maximale comme Marseille ou Paris. Il pourrait néanmoins y en avoir d’autres, plus contraignantes encore, si l’on en croit la déclaration faite par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son déplacement dans les Alpes-Maritimes, mercredi.

Dans les bars et les restaurants

La mairie de Lille avait anticipé le coup, dès mercredi, en demandant aux restaurateurs de s’engager à respecter un «protocole sanitaire renforcé ». Il s’agit d’une liste de 13 mesures qui s’ajoutent à celle instaurées depuis la sortie du confinement. Parmi ces mesures, on note la limitation des tablées à six personnes maximum, le port du masque jusqu’au service du premier plat ou encore la tenue d’un « registre de clients » pour permettre le traçage par l’ARS. A Marseille, dans ce cadre, l’heure de fermeture des brasseries et restaurants avait été fixée à 22 h par arrêté préfectoral.

Les bars, cafés et salons de thé devront purement et simplement fermer leurs portes, quel que soit le protocole sanitaire mis en place. Et pour qu’il n’y ait pas de confusion, le gouvernement se base sur les codes « NAF » qui déterminent la qualification des établissements. Sont donc concernés les débits de boissons portant le code NAF 56.30 Z. Cependant, il y a tout de même une nuance : « parmi ces établissements, ceux proposant de la vente de boisson à titre accessoire de la restauration pourront rester ouverts ».

Dans les établissements recevant du public

Pour l’ensemble des « ERP », la règle est la fermeture. Pour autant, il peut y avoir des exceptions « s’il existe un protocole sanitaire strict déjà en place », précise le gouvernement. Le passage en alerte maximale n’implique donc pas la fermeture systématique des lieux culturels par exemple, notamment parce que la plupart ont effectivement instauré des règles draconiennes. On pourra donc toujours aller se faire une expo au musée ou une toile au ciné.

Les centres commerciaux pourront rester ouverts sous réserve de respecter une jauge calculée en fonction de la surface. A Paris, par exemple, le préfet a fixé cette zone à un client pour 4 m2. Dans les établissements d’enseignement supérieur, les jauges ont été réduites à 50 % de la capacité des salles et amphis, donc pas de changement à ce niveau.

Pas de changement pour les salles et clubs de sport et les piscines lesquelles sont de toute façon fermées depuis le classement de Lille en zone d’alerte renforcée. Seuls les professionnels ou les scolaires peuvent toujours pratiquer des activités physiques en intérieur.

Dans les entreprises, le gouvernement préconise vivement de favoriser le télétravail. « Dans les zones d’alerte renforcée et maximale, nous demandons aux employeurs et aux salariés, en responsabilité de trouver les organisations adaptées à chaque entreprise, et de limiter ainsi les interactions sociales, que ce soit sur le lieu de travail ou dans les transports en commun », a insisté la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Dans les espaces publics

Pour ce qui concerne ce que l’on appelle les espaces publics, à savoir les parcs et jardins et la voie publique, des mesures restrictives ont déjà été prises dans le précédent arrêté préfectoral. Les rassemblements de plus de dix personnes sont toujours proscrits. Il est aussi interdit de consommer de l’alcool ou de diffuser de la musique amplifiée entre 20 h et 6 h du matin. A Paris, ces précisions visent notamment à empêcher les rassemblements festifs d’étudiants hors de chez eux.

Des spécificités locales

L’ensemble des mesures citées ci-dessus sont globalement valables pour toutes les zones en alerte renforcée et/ou maximale. En revanche, une certaine souplesse est laissée aux préfets pour prendre des décisions localement. Par exemple, il peut être interdit en certains endroits d’accéder aux plages, plans d’eau ou rivières. Le représentant de l’Etat dans le département peut aussi « limiter l’utilisation des transports en commun aux heures de pointe ».

Malgré les nombreuses rumeurs qui circulent, il n’est nulle part mentionné que les préfets peuvent décréter des reconfinements localisés dans le cadre de l’alerte maximale. Cette disposition ne peut intervenir qu’au dernier niveau d’alerte sanitaire, à savoir « zone d’état d’urgence sanitaire territorial ». Pour basculer vers ce niveau critique, il faut que plus de 60 % des lits disponibles dans les services de réanimation soient occupés par des patients malades du Covid-19.