Coronavirus à Lille : Le tribunal confirme l’interdiction des sports en salles

EPIDEMIE Deux recours avaient été déposés devant le tribunal administratif pour contester l’interdiction des pratiques sportives en salles en raison du coronavirus

Mikaël Libert

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Les salles de sport resteront vides à Lille (illustration).
Les salles de sport resteront vides à Lille (illustration). — SYSPEO/SIPA

Deux poids, deux mesures. Mercredi, le tribunal administratif de Lille a rejeté deux recours déposés par un syndicat et neuf entreprises contestant l’arrêté préfectoral interdisant la pratique du sport en salle. La mesure avait été prise à Lille et dans d’autres métropoles il y a une semaine, après que le gouvernement a publié une carte des zones particulièrement impactées par un rebond de l’épidémie de coronavirus. Selon les villes, ces recours n’ont pas reçu le même écho auprès des magistrats.

Dans un arrêté publié vendredi dernier, le préfet du Nord, Michel Lalande, écrivait : « Sur le territoire de la Métropole européenne de Lille (MEL), les activités sportives et physiques sont interdites dans les établissements sportifs clos et couverts. » Il s’agit d’une des mesures prises après que la MEL a été classée en zone d’alerte renforcée et qui devait entrer en vigueur dès le samedi. Deux jours plus tard, des recours étaient déposés par un syndicat et neuf salles de sport et de fitness pour demander la suspension de la mesure.

Recours rejetés à Nice et Bordeaux mais pas à Rennes

Selon la préfecture du Nord, la requête a été rejetée par le tribunal administratif. « La mesure de fermeture en litige […] n’apparaît pas disproportionnée au regard de l’objectif de protection de la santé publique poursuivi », justifie le tribunal cité par la préfecture. Le magistrat ajoute que ces activités physiques « parce qu’elles s’exercent dans des lieux clos couverts, favorisent une contamination et une circulation accélérée du virus auprès d’un nombre important d’individus ».

C’est avec plus ou moins les mêmes arguments que les tribunaux des villes de Bordeaux et Nice ont, eux aussi, rejeté les recours. En revanche, à Rennes, classée à l’instar de le MEL en zone d’alerte renforcée, les requerrants ont gagné. Dans son ordonnance, le juge des référés à notamment estimé « qu’en l’état des données et informations soumises au tribunal, les salles privées de sport ne pouvaient pas être regardées comme des lieux de propagation active du virus Covid-19 ».

Pour ce qui concerne la MEL, dans son arrêté, le préfet n’avait pas non plus avancé de chiffre spécifique de contaminations dans les salles de sport. Ce n’est de toute façon pas ce qui a motivé la décision du tribunal, ce dernier expliquant simplement que « l’atteinte portée par la mesure contestée à la liberté du commerce et de l’industrie et à la liberté d’entreprendre, ne revêt pas un caractère manifestement illégal. »