Nord : Les salariés de Cargill tentent (encore) de faire annuler le plan social devant la justice

SOCIAL Après l’homologation des 130 à 180 licenciements par le ministère du Travail, les salariés de Cargill portent le plan social devant le tribunal judiciaire

Gilles Durand

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Dorian Vallois, délégué CGT de Cargill à Haubourdin (à gauche) avec l'avocat, Me Fiodor Rilov.
Dorian Vallois, délégué CGT de Cargill à Haubourdin (à gauche) avec l'avocat, Me Fiodor Rilov. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le plan de sauvegarde de l’emploi de l’entreprise Cargill, à Haubourdin, qui prévoit entre 130 et 180 licenciements, se retrouve devant le tribunal de Lille.
  • Les salariés demandent la suspension du plan social, estimant que les risques psychosociaux ne sont pas suffisamment pris en compte.
  • Contrairement à Bridgestone à Béthune, l’Etat n’est pas intervenu pour sauver les emplois chez Cargill, dénonce le député Adrien Quatennens.

Retour sur le terrain judiciaire. Finalement homologué en août par le ministère du Travail, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de l’entreprise Cargill se retrouve, ce mardi matin, devant le tribunal de Lille. Le géant de l’agroalimentaire prévoit entre 130 et 180 licenciements, soit environ la moitié des salariés de son usine d’Haubourdin, dans le Nord.

« Nous demandons la suspension de ce plan social, explique à 20 Minutes Me Fiodor Rilov, avocat du syndicat CGT de l’usine. Est-il possible d’autoriser cette réorganisation quand une expertise révèle les difficultés des salariés et démontre l’absence totale de mesures pour éviter les risques psychosociaux ? Voilà la question fondamentale posée aux juges. »

Opposition de la direction du Travail

La même démarche judiciaire avait déjà été menée en mars, après l’annonce du PSE en novembre 2019. Mais l’administration, en la personne de la direction du Travail, s’y était opposée. « Le tribunal des conflits a estimé que toute action contre les licenciements ne pouvait être entreprise avant l’homologation administrative du PSE. C’est chose faite, donc nous reprenons la procédure en référé », précise Fiodor Rilov.

La justice va donc devoir trancher. Mais le combat des salariés de Cargill trouve également un écho sur le terrain politique car contrairement au dossier Bridgestone à Béthune, dans le Pas-de-Calais, l’Etat n’est pas intervenu pour tenter de sauver les emplois. « Pourtant, les deux situations sont similaires, dénonce-t-on dans l’entourage du député (LFI) du Nord, Adrien Quatennens. On a l’impression d’une grande hypocrisie du gouvernement qui semble vouloir aider Bridgestone alors qu’en même temps, il valide le plan social de Cargill. »

Et de poursuivre la comparaison avec l'usine Agfa de Pont-à-Marcq, près de Lille. Là aussi, la fermeture de l’usine a été annoncée aux salariés avec 175 licenciements à la clé. La validation du PSE par la direction du Travail est en cours. « Ce sont des usines qui ont bénéficié d’argent public pour maintenir l’emploi, s’insurge-t-on chez LFI. Et maintenant, elle profite du Covid pour licencier. »