Brexit : Le maire de Boulogne-sur-Mer très inquiet pour l’avenir de la pêche

BREXIT Frédéric Cuvillier s’alarme des conséquences d’un Brexit dur pour le secteur de la pêche à 100 jours de l'entrée en vigueur officielle du traité

Francois Launay
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Brexit: Les pêcheurs de Boulogne veulent éviter la bataille navale — 20 Minutes

Le 1er janvier 2021, il sera trop tard. A 100 jours de l’entrée en vigueur du Brexit, aucun accord n’a encore été signé entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni. Un Brexit dur se pointe à l’horizon, ce qui inquiète fortement Frédéric Cuvillier. Dans un entretien au Parisien, le maire de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, s’alarme du fait que le Royaume-Uni veuille récupérer le plein usage de ses zones de pêche dans ses eaux territoriales.

« Une part importante de la flottille boulonnaise pêche dans les eaux territoriales britanniques. C’est là que nos bateaux réalisent entre 50 et 100 % des captures, selon les espèces. En moyenne, 60 % du poisson vient des eaux britanniques. Au 1er janvier 2021, la zone économique exclusive (ZEE) sera de facto fermée aux bateaux européens, sauf dérogations. Si les flottes de pêches européennes doivent se redéployer sur les autres zones partagées, il y aura une surcapacité qui se traduira par un drame économique. »

« L’Etat français ne prend pas les mesures de préparation nécessaires »

L’ancien ministre délégué aux Transports sous François Hollande aimerait que le gouvernement français prenne la mesure du problème car 5.000 emplois sont en jeu.

« C’est Bruxelles qui négocie avec Londres, mais il y a une responsabilité de l’Etat français qui ne prend pas les mesures de préparation nécessaires. Nous allons subir de plein fouet les conséquences du Brexit. Il est où le plan d’accompagnement que je réclame ? Vous croyez qu’on n’a pas assez souffert ici des différentes crises de la pêche ? », s’inquiète Frédéric Cuvillier.