Les Eaux du Nord se décantent

Olivier Aballain

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Il va y avoir du mouvement dans les Eaux du Nord. L'association Que choisir a sommé hier la communauté urbaine (LMCU) d'exiger le « démantèlement » de la société des Eaux du Nord. Pour se justifier, UFC-Que choisir s'appuie sur un avis rendu en juillet 2002 par le Conseil de la concurrence. A Lille et dans onze autres villes, les sociétés communes, détenues à 50-50 par Veolia et Suez, auraient bénéficié d'une « position dominante collective » entravant la concurrence. En février 2008, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, avait demandé aux sociétés d'y remédier. Et d'après nos informations, c'est presque fait pour les Eaux du Nord.

« Les actionnaires comptent venir l'expliquer à LMCU dans le courant janvier », explique Philippe Dupraz, PDG de la société. Bondissant lorsqu'on évoque le « démantèlement », le PDG préfère parler de « décroisement » des participations. En clair, l'un des deux actionnaires gardera les Eaux du Nord, l'autre en sortira. « C'est le règlement d'une anomalie génétique voulue par le préfet du Nord, en 1912 », commente Dupraz. Une « anomalie génétique » qui, pour Alain Cacheux, vice-président (PS) en charge du dossier, a « empêché une véritable concurrence en 1985 » lors de l'attribution du marché de distribution d'eau. Celui-ci arrive à échéance en 2015. ■