Bridgestone : Après un accord entre la direction et les salariés, l’Etat se rend ce lundi au chevet de l’usine de Béthune

ECONOMIE Les ministres Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Elisabeth Borne (Travail) sont attendues sur place dès 14h00 pour trouver une alternative à la fermeture du site

F.L. avec AFP

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Un salarié de Bridgestone
Un salarié de Bridgestone — AFP
  • Un accord de méthode a été signé vendredi entre direction et représentants de Bridgestone a annoncé ce dimanche la ministre déléguée à l’Industrie.
  • Les deux parties ont cinq mois pour trouver des alternatives à la fermeture du site de Béthune annoncé mercredi par le fabricant de pneumatique.
  • Huit-cent-soixante-trois emplois sont menacés.

L’espoir serait-il en train de renaître chez Bridgestone? Après l’annonce mercredi de la fermeture du site de Béthune qui met en péril 863 salariés, des discussions vont s’engager entre la direction et les représentants du personnel de l’usine nordiste.

Les deux parties « ont signé un accord de méthode vendredi qui donne cinq mois à la discussion et qui rouvre des scénarios alternatifs à la fermeture de l’usine » située dans le Pas-de-Calais, a assuré Agnès Pannier-Runacher​, ministre déléguée à l’Industrie, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. « Le dialogue social est essentiel, il doit être fondé sur la confiance », a-t-elle ajouté.

Obtenir un plan B

Pour avoir toutes les chances d’obtenir un plan B, Agnès Pannier-Runacher et la ministre du Travail Elisabeth Borne vont même se rendre sur place ce lundi. Elles sont attendues dès 14h00 à Béthune pour une réunion en deux temps au siège de la communauté d’agglomération. Elles s’entretiendront d’abord avec les élus du territoire, dont le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, et la direction Europe de Bridgestone, en visioconférence, avant une seconde réunion avec des représentants du personnel et élus.

L’Etat exclut d’entrer au capital de l’entreprise

La ministre de l’Industrie a toutefois fustigé dimanche la méthode adoptée jusqu’ici par la direction du géant pneumatique japonais. « Ce qui est inadmissible, […] c’est de ne pas avoir ouvert la discussion en amont de cette annonce brutale », a-t-elle jugé. « On savait que l’usine était en perte de vitesse » et les autorités avaient convié « la direction de Bridgestone à la table de discussions pour justement regarder comment on pouvait regagner de la productivité, de la compétitivité ».

Elle a par ailleurs exclu que l’Etat rentre au capital de l’entreprise, une « fausse solution » qui ne « résout rien ». « Le cœur du sujet c’est d’avoir un projet industriel qui tienne la route », selon elle.

L’usine de Béthune, qui produit des pneumatiques pour l’automobile sous les marques Bridgestone et Firestone, connaît des difficultés de longue date. Elle est « la moins performante » parmi la dizaine d’usines du groupe en Europe, affirme la direction.