Le silence radio n'est pas pour tout de suite

Vincent Vantighem

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« Bonne année ! Je formule des voeux pleins de mobilisation. A commencer par un appel à la grève le 29 janvier prochain. » Le micro n'est ouvert que depuis quelques secondes. Le Monde Diplomatique ouvert sur la table de mixage, Jean-Marc vient de donner le ton de son émission hebdomadaire. « Radio Campus est libre », rappellent les affiches qui tapissent le petit studio situé en plein coeur de l'université Lille-I. Et ça fait quarante ans que ça dure. Pour fêter l'événement, la fréquence a prévu des concerts*, une université radiophonique et surtout, de conserver son ton différent.

« C'est un foutu mélange, se plaît à dire Pierre Glibert, le président. Il y a 50 % d'émissions musicales et 50 % de programmes sur l'actualité politique, sociale... » Sur le 106.6 MHz, ni Madonna, ni langue de bois, donc. Ce jour-là, Jean-Marc a choisi de passer une chanson écrite sous la Commune de Paris (1871). Et quand il évoque le Proche-Orient, ce n'est pas pour parler de guerre, mais d'« agression israélienne ».

A deux pas d'un poster réclamant la régularisation des sans-papiers, André sourit. « On ne fait que dire la vérité... » La cinquantaine souriante, il est arrivé sur Campus il y a quelques années. Il a poussé la porte pour dire qu'il aimait bien la musique. Il est resté pour animer une émission sur la libre-pensée, chère à Victor Hugo. « Notre plus grande richesse, c'est notre centaine d'animateurs, vante Pierre Glibert. Toutes les décisions sont prises de concert avec eux. » Et la recette marche. La fréquence a été confirmée, hier, par le CSA. La radio continuera à propager ses bonnes ondes lors des cinq prochaines années. ■* www.campuslille.com