Coronavirus à Lille : La CGT estime difficile de respecter les règles sanitaires à l’université

CORONAVIRUS Le syndicat CGT annonce qu’au moins deux enseignants ont fait valoir leur droit de retrait sur le campus de la Cité scientifique

Mikaël Libert

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Dans une salle de TD de l'université de Lille sur la campus Cité scientifique.
Dans une salle de TD de l'université de Lille sur la campus Cité scientifique. — M.Libert / 20 Minutes

Facteur aggravant. Jeudi, le syndicat CGT a déposé deux droits d’alerte auprès de la direction de l’Université de Lille pour, notamment, dénoncer « l’impossibilité d’appliquer les directives sanitaires dans les salles de cours. » Un site est particulièrement visé, celui de la Cité Scientifique, où deux enseignants ont d’ailleurs fait valoir leur droit de retrait. L’épidémie de coronavirus est certes un problème, mais elle ne viendrait qu’aggraver une situation déjà préoccupante selon ce syndicat.

Vendredi matin, il n’y avait pas foule à la Cité scientifique, toujours appelée « Lille 1 » par les anciens malgré la fusion des trois universités de Lille, en 2018. La plupart des quelque 20.000 étudiants présents habituellement sur ce seul campus sont en effet partis pour le week-end. Néanmoins, on parvient tout de même à tomber sur un cours dans une salle du bâtiment SH 1, l’un des plus anciens de ce site dont la construction remonte tout de même aux années 1960. « Dans cette salle par exemple, on ne peut pas ouvrir les fenêtres. Les châssis sont déformés en raison de la vétusté du bâtiment », déplore Anissa Habane, ingénieure d’études et membre de la CGT. Du coup, la porte reste ouverte pour que les étudiants ne meurent pas de chaud.

« On ne peut pas respecter les consignes sanitaires »

Sauf que le problème actuel n’est pas là. Dans un document d’une trentaine de pages intitulé « Plan de reprise des activités de l’Université de Lille suite au confinement », il est écrit noir sur blanc que « les salles doivent être ventilées, aérées entre chaque cours […]. Une salle d’enseignement ne disposant pas d’une fenêtre accessible ou d’un renouvellement mécanique de l’air ne pourra pas être utilisée. » Un état de fait que la centrale dénonce : « On ne peut pas respecter les consignes sanitaires. Selon nous, cela représente un danger grave et imminent de contamination », insiste Anissa Habane.

En amont de la rentrée, la direction de l’Université de Lille avait déclaré que les jauges des amphithéâtres seraient divisées par deux mais que « l’ensemble des autres enseignements pourront se tenir avec 100 % des effectifs, dans la limite de la capacité d’accueil de la salle. » Ce vendredi, nous n’avons pas constaté de manquement à ce niveau. « Cela arrive pourtant très souvent que l’on fasse cours à une quarantaine d’étudiants dans des salles prévues pour une trentaine seulement », assure Jamal El Khattabi, professeur de Génie civil. Pour étayer son affirmation, l’enseignant nous montre la photo d’une salle bondée du bâtiment SH1. « C’est un des deux problèmes que nous soulignons, les dysfonctionnements dans l’allocation des salles », regrette Jean-Marc Nicolas, ingénieur de recherche.

Dans une salle de TD de l'université de Lille sur la campus Cité scientifique.
Dans une salle de TD de l'université de Lille sur la campus Cité scientifique. - CGT

L’autre problème viendrait de la vétusté du campus selon la CGT. « J’avais déjà exercé mon droit de retrait l’année dernière parce que des étudiants se retrouvaient parfois à devoir suivre les cours debout faute de place. Tous ces dysfonctionnements sont exacerbés par ce qu’il faut s’adapter aux règles sanitaires », déplore Céline Cornet, professeure de physique. Et à ce jour, au moins deux enseignants de la Cité scientifique l’ont imitée. Contactée par 20 Minutes, la direction de l’Université de Lille n’a pas encore donné suite.