La crise ne prend pas congé

Vincent Vantighem

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Après plusieurs semaines d'arrêt en hiver, le moteur a souvent du mal à redémarrer. Dans l'industrie régionale, c'est pareil. Sauf que le froid n'y est pour rien. A peine rentrés dans les usines, les salariés de l'automobile et de la métallurgie ont tout de suite remis un pied dans la crise. Comme à Arcelor Dunkerque. Hier, les 3 200 employés ont appris qu'ils subiraient douze jours de fermeture rien qu'au premier trimestre. Congés payés ou RTT, ils devront piocher ces jours dans leurs réserves. « Du coup, on sera à poil le 31 mars, déplore Philippe Collet, délégué CGT. Mais le pire, c'est qu'on se doute qu'il y aura du chômage partiel au bout du bout. »

Leurs collègues de Visteon à Gondecourt, eux, ne devront pas attendre le « bout du bout » pour être fixés. Ce matin, un CE extraordinaire doit étudier les modalités d'un nouveau plan de sauvegarde de l'emploi. Une centaine de postes sur les 860 que compte l'équipementier automobile sont sur la sellette. « Les ventes de voitures ont de nouveau baissé en décembre », explique Eric Pecqueur, délégué CGT chez Toyota Onnaing.

Le constructeur nippon, lui, fermera onze jours au Japon et huit jours à Valenciennes. « Je ne comprends pas pourquoi le salarié paie les conséquences de cette crise, alors qu'il n'a jamais rien touché des 71 années de bénéfices qui ont précédé », poursuit Eric Pecqueur. Chez MCA Maubeuge, on travaille pour Renault. Mais on se pose la même question. En repos forcé jusqu'au 13 janvier, les salariés pourraient d'ailleurs voir leur congé prolongé aujourd'hui lors d'un CE. ■