Coronavirus dans le Nord : La demande d’aide alimentaire s’accroit fortement

SOLIDARITE Banque alimentaire, Secours populaire et catholique doivent faire face à un accroissement de la pauvreté

Gilles Durand

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Le site logistique de la Banque Alimentaire du Nord, à Lille (Archives).
Le site logistique de la Banque Alimentaire du Nord, à Lille (Archives). — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Pour les associations qui viennent en aide aux plus démunies, l’automne et l’hiver s’annoncent rude.
  • Les deux mois de confinement, avec la crise économique liée au Covid-19 qui se dessine, accentuent déjà la pauvreté.

« C’est une rentrée difficile », reconnaît Jean-Louis Callens. Le secrétaire général du Secours populaire du Nord, fédération qui aide environ 300.000 personnes chaque année, voit encore de nouvelles personnes frapper à la porte. « Nous ferons un point fin septembre, mais d’ores et déjà, on sait que nous allons devoir distribuer davantage d’aide alimentaire », annonce-t-il.

Pour les associations qui viennent en aide aux plus démunis, l’automne et l’hiver s’annoncent rude. Avec le même constat : les deux mois de confinement, avec la crise économique liée au Covid-19 qui se dessine, font déjà des dégats. Souvent d’anciens travailleurs qui tombent sous le seuil de pauvreté.

Augmentation de 10 % du nombre d’inscrits

« Habituellement, on faisait 500 colis par mois, aujourd’hui on en fait 850 par semaine. Les gens ont moins d’argent, automatiquement ils viennent demander de l’aide », témoigne la responsable de l’antenne roubaisienne du Secours populaire sur France 3.

Pierre Willefert, directeur opérationelle de la Banque alimentaire du Nord, note, pour sa part, une augmentation de 10 % du nombre d’inscrits. « Dans le département, nous sommes passés de 60.000 à 65.000, précise-t-il à 20 Minutes. Heureusement, on reçoit une écoute et de l’aide de la part de l’Etat. On a pu notamment reconstituer nos stocks. »

Cette crise a également permis de nouer de nouvelles coopérations. « On commence à se fidéliser avec des filières agroalimentaires qui ne nous connaissaient pas et certaines opportunités s’offrent à nous », glisse Pierre Willefert. Ainsi, 300 tonnes de pommes de terre en surproduction à cause du Covid-19 ont pu être récupérées pour les 162 associations d’aide, soutenues par la Banque alimentaire.

De plus en plus de gens très isolés

Du côté du Secours Catholique du Pas-de-Calais, il a fallu s’adapter à la situation. « C’est vrai que l’aide alimentaire n’est pas notre priorité, mais nous avons dû distribuer exceptionnellement 100.000 euros de chèques services pour l’achat en urgence d’aliments. Nous avons développé le portage à domicile, notamment en ville », explique Samuel Prieur, délégué du Pas-de-Calais.

Mais l’expérience du confinement et des gestes barrières a fait aussi naître de nouvelles difficultés pour cette association caritative où la rencontre, l’accueil et l’écoute sont un sacerdoce. « On voit arriver chez nous de plus en plus de gens ou de familles très isolés, remarque-t-il. On s’attend à une vague de pauvreté dans les prochaines semaines, mais on ne sait pas encore à quelle hauteur. »