Hauts-de-France : Xavier Bertrand réclame des places d’hébergement supplémentaires pour les femmes victimes de violence

REQUETE Seulement dix places d'hébergement ont été créées dans le Nord qui fait pourtant partie des départements les plus touchés par les violences envers les femmes

Gilles Durand

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Illustration d'un accueil pour les femmes victimes de violence.
Illustration d'un accueil pour les femmes victimes de violence. — A. Gelebart / 20 Minutes
  • Dans un courrier envoyé au ministère, Xavier Bertrand réclame davantage de places d'hébergement pour les femmes victimes de violence, dans les Hauts-de-France.
  • Seulement dix places ont été créées dans le Nord qui fait pourtant partie des départements les plus touchés par le phénomène.
  • Le ministère de l'Egalité femme-homme souligne que 61 places ont été attribuées en 2020 dans toute la région.

Effet d’annonce ? Le président (DVD) de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, envoie beaucoup de courriers aux différents services de l’Etat depuis quelques mois. L'un des derniers en date concerne les places d’hébergement réservées aux  femmes victimes de violence

Le 2 septembre, le Premier ministre, Jean Castex, a évoqué la création de 1.000 places d’hébergement supplémentaires en 2021. Et dans sa missive que 20 Minutes a reçue, Xavier Bertrand rappelle qu’en septembre 2019, il y a un an, lors du Grenelle sur les violences conjugales, le gouvernement avait déjà annoncé « la création de 1.000 places d’hébergement ». 

Or, « dix places seulement ont été créées dans le département du Nord, qui en réclamait 113, et 20 dans le Pas-de-Calais », s’insurge Xavier Bertrand. Trop peu pour une région « particulièrement concernée par ces violences qui sont, par ailleurs, en nette augmentation », écrit-il. En 2018, les Hauts-de-France étaient la deuxième région au nombre de morts violentes au sein du couple.

« On ne répond qu’à une demande d’hébergement sur dix »

« Nous ne pouvons répondre qu’à une demande d’hébergement sur dix », témoigne Delphine Beauvais, directrice du pôle «violences faites aux femmes» de Solfa (Solidarité femmes accueil) Nord-Pas-de-Calais, association d’aide qui dispose aujourd’hui de 124 places avec les dix créées, cette année, dans le Douaisis. « Avec le confinement, les accueils de jour ont également vu la fréquentation augmenter de 160 %. Avec un financement constant », déplore Delphine Beauvais. Néanmoins, l’association a pu augmenter sa capacité à traiter les appels téléphoniques - un sur deux seulement en 2018 - grâce au mécénat privé.

« Eu égard aux données préoccupantes sur les violences conjugales en Hauts-de-France, je vous invite à accorder [à la région] une attention particulière dans la répartition de ces nouvelles places d’hébergement », conclut Xavier Bertrand dans son courrier.

Centres de prise en charge des auteurs de violences

Contacté par 20 Minutes, le ministère pour l’Egalité femme-homme souligne que dans toute la région des Hauts-de-France, « ce sont 61 places qui ont été attribuées en 2020 après appel d’offres », sans préciser la répartition par département. Pas possible non plus de connaître la répartition nationale des 1.000 places, pour savoir quelles régions en ont, mathématiquement, davantage profité. « Pour le prochain appel d’offres, le premier critère de choix des places sera le maillage territorial qui tiendra compte de la situation des violences dans chaque département », affirme encore le ministère.

Dans un communiqué récent, la ministre chargée du dossier, Elisabeth Moreno, assurait avoir « demandé la création de 15 centres de prise en charge des auteurs de violences d’ici fin 2020 ainsi que 15 supplémentaires en 2021 ». Reste à voir si le Nord et le Pas-de-Calais en profiteront.