Les habitants, c'est de l'argent

Olivier Aballain

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C'est le deuxième effet recensement. Pour les communes de la région, les chiffres publiés par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) la semaine dernière valent de l'or... ou du plomb. Le nouveau chiffre, arrêté au 1er janvier 2006, servira en effet de base à la dotation globale de fonctionnement (DGF) reçue par les communes dès 2009. Globalement, la population régionale est restée stable (augmentation de 0,55 % entre 1999 et 2006, loin de la moyenne nationale de 4,98 %). Mais il y a les gagnants et les perdants. Parmi les premiers, on retrouve logiquement Lille, qui a vu sa population progresser de 6,4 % entre 1999 et 2006.

« Nous avions anticipé l'effet du recensement, explique Pierre de Saintignon, premier adjoint (PS) à la maire de Lille. Cela représentera 460 000 euros de recettes supplémentaires pour la ville. » Pour l'élu, la capitale des Flandres recueille « ce qu'elle mérite, car elle a su séduire de nouveaux habitants ». Un confort qui cache les difficultés des villes moyennes, à l'instar de Villeneuve-d'Ascq, qui a perdu 3 500 âmes sur 65 000 depuis 1999. « Nous allons devoir construire le budget 2009 avec 600 000 euros de dotation en moins », explique le maire (DVG), Gérard Caudron. Pour autant, l'édile ne veut « pas en faire une obsession. Nous avons fait de gros efforts de rigueur pour nous adapter, notamment sur les recrutements dans les services administratifs. Nous ne serons pas moins heureux avec 62 000 habitants qu'avec 65 000. » Mais à Grande-Synthe, le maire (PS), Damien Carême, est moins serein. « Nous avons perdu 7 % de la population, je m'inquiète pour la dotation de fonctionnement. Déjà, nous avions dû nous battre pour conserver la dotation de solidarité urbaine... »