Coronavirus dans les Hauts-de-France : Le Nord et le Pas-de-Calais en « vulnérabilité élevée », qu’est ce que ça veut dire ?

SANTE 20 Minutes fait le point sur la situation sanitaire des départements du Nord et du Pas-de-Calais où le coronavirus circule fortement

Gilles Durand

— 

Illustration d'un test Covid-19
Illustration d'un test Covid-19 — SYSPEO/SIPA
  • Les indicateurs montrent que le coronavirus circule beaucoup dans le Nord et le Pas-de-Calais, créant une « vulnérabilité élevée » pour les deux départements.
  • Les taux d’incidence et de positivité ont explosé en une semaine.
  • Une augmentation sensible des nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation est constatée.

Le Nord et le Pas-de-Calais en rouge vif. Voilà presque une semaine que la situation sanitaire des deux départements est très préoccupante concernant l’épidémie de Covid-19. Certes, les indicateurs n’ont plus rien à voir avec ceux qui étaient en vigueur lors du confinement, mais la circulation du coronavirus – difficilement détectable en début d’année faute de tests à grande échelle – y est aujourd’hui une réalité. 20 Minutes fait le point.

Un virus qui se répand de plus en plus

L’Etat parle aujourd’hui de vulnérabilité et elle est élevée dans le Nord et le Pas-de-Calais. Les taux d’incidence (nombre de cas de Covid-19 pour 100.000 habitants) et de positivité (pourcentage de cas par nombre de tests) ont explosé en une semaine. De fait, le taux de reproduction effectif – c’est-à-dire le nombre de personnes que chaque malade peut contaminer – est désormais proche de 2 dans la région (contre 1,2 au niveau national).

Dans les Hauts-de-France, 36 foyers épidémiques (hors Ehpad) restent actuellement actifs. On en compte 20 dans le Nord et 12 dans le Pas-de-Calais. A contrario, la vulnérabilité reste modérée dans l’Oise et la Somme et limitée dans l’Aisne, avec une vigilance renforcée sur l’agglomération de Saint-Quentin.

De nouvelles mesures à attendre ?

Comme la préfecture du Nord, celle du Pas-de-Calais vient de prendre deux nouvelles mesures : port du masque obligatoire pour les plus de 11 ans autour des établissements scolaires et fermeture des bars entre 0h30 et 6h. Seront-elles suffisantes pour enrayer le phénomène de propagation du virus ?

De grandes manifestations sportives ou culturelles ont été reportées comme le Trail de la Côte d’Opale ou le concert de Deep Purple au Zenith de Lille. Mais, par ailleurs, les rencontres de football du RC Lens ou du Losc peuvent toujours accueillir 5.000 spectateurs alors qu’en Angleterre ou dans d’autres pays européens, le huis clos reste la règle.

La capacité d’accueil des hôpitaux

Cette recrudescence de l’épidémie n’a, pour l’instant, aucune incidence sur l’offre régionale de soins en ville et à l’hôpital, selon Santé publique France qui incite toutefois « à la plus grande vigilance et au renforcement des mesures de prévention des transmissions ». L’organisme constate « l’augmentation sensible des nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation ainsi que la recrudescence des épisodes de Covid-19 dans les établissements sociaux et médico-sociaux et les Ehpad de la région ».

Néanmoins, les chiffres d’admissions en réanimation pour les cas graves permettent de relativiser la gravité de la situation. Dans les Hauts-de-France, 26 admissions ont été enregistrées entre le 1er août et le 2 septembre. A titre de comparaison, le nombre d’admissions, dans toute la France, était de 767 pour la journée du 31 mars et de 86, lundi dernier.

La canicule, plus mortelle

Dans les Hauts-de-France, un pic important de surmortalité (+45 %), affectant notamment les personnes de plus de 75 ans, a été observé entre le 10 et le 16 août, précise Santé publique France. Une hausse très importante en lien avec la vague de chaleur caniculaire qui a particulièrement touché la région des Hauts-de-France, placée en « vigilance rouge canicule » entre le 7 et 13 août.