Lille : Un nouveau test sérologique doit permettre (enfin) de mesurer l’immunité au Covid-19

BIOTECH La recherche dispose désormais d’un diagnostic sérologique haute définition permettant de mieux déterminer « la couverture immunologique » des personnes touchées par le Covid-19

Gilles Durand

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Kit de diagnostic sérologique, CoViDiag, développé par les entreprises Innobiochips et GD Biotech du parc Eurasanté, à Lille.
Kit de diagnostic sérologique, CoViDiag, développé par les entreprises Innobiochips et GD Biotech du parc Eurasanté, à Lille. — Innobiochips
  • Un nouveau test de diagnostic sérologique a été créé par deux entreprises du parc Eurasanté de Lille.
  • Il permet d’y voir plus clair sur le degré d’immunité de la population et pourrait aider à la confection d’un vaccin.
  • Ce test sérologique a été mis sur le marché en septembre et doit servir à la recherche sur les coronavirus.

A quel degré les personnes touchées par le Covid-19 sont-elles immunisées ? Peut-on être réinfecté après avoir contracté la maladie ? Autant de questions qui restent sans réponse précise alors que l’épidémie du coronavirus SARS-CoV-2 s’engage dans une deuxième vague un peu partout en France.

Récemment, un nouveau test de diagnostic sérologique a été créé par deux entreprises du parc Eurasanté de Lille : Innobiochips* et GD Biotech. Un de plus parmi la trentaine qui existe déjà sur le marché ? Sauf que celui-ci pourrait aider à y voir plus clair sur le degré d’immunité de la population. Explications.

Une mesure plus fine des anticorps

Contrairement aux tests PCR qui permettent de mesurer la circulation du virus, les tests sérologiques peuvent déterminer la création d’anticorps chez un patient. Et selon Vianney Souplet, responsable développement chez Innobiochips, « le profil immunitaire délivré par ce test offre une vision haute définition de la couverture immunologique du patient ».

Comment ? En travaillant sur cinq types d’antigènes qui composent le virus au lieu d’un seul, comme le font la plupart des tests sérologiques. « Tous les anticorps que notre organisme fabrique n’ont pas la même valeur protectrice », précise Vianney Souplet.

Ainsi, le test baptisé CoViDiag, permet une mesure plus fine de ces anticorps. Et en croisant toutes ces données scientifiques, il devient possible de déterminer un degré d’immunité. A moyen terme, les tests peuvent devenir des outils essentiels pour des études épidémiologiques autour des vaccins naturels ou artificiels. D’ailleurs, une version du test destinée à la recherche est disponible en ligne.

« Mieux contrôler la propagation du virus »

Mis sur le marché début septembre, ce test sérologique avait obtenu, depuis juillet, les agréments nécessaires des autorités de santé. Son développement a été soutenu par la Direction générale de l’armement et « s’est fait en un temps record, environ dix semaines », se félicite Vianney Souplet.

Aujourd’hui, Innobiochips assure disposer, à Lille, d’une capacité de production à 25.000 tests par jour. « Des accords de distribution sont en cours de discussion », lance-t-il, en espérant que « cet outil va permettre de mieux contrôler la propagation du virus ».

*Avant de s’attaquer à un test de diagnostic Covid-19, l’entreprise lilloise Innobiochips s’est spécialisée dans la transplantation d’organes en créant des outils pour vérifier la compatibilité entre donneurs et receveurs.