Coronavirus à Lille : l'épidémie aura-t-elle raison de l’agrandissement de l’aéroport ?

TRANSPORTS Les nouveaux gestionnaires de l’équipement avaient prévu d’importants travaux de modernisation pour en doubler la capacité

Mikaël Libert

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Un avion à l'aéroport de Lille
Un avion à l'aéroport de Lille — M. Libert / 20 Minutes

Chats noirs. En janvier dernier, Eiffage et Aéroport de Marseille prenaient les rennes de l’aéroport de Lille-Lesquin après avoir obtenu la délégation de service public pour une durée de 20 ans. Dans leurs valises, les nouveaux gestionnaires avaient apporté le projet d’agrandir et de moderniser l’équipement pour en doubler la capacité à l’horizon 2032. Mais à peine s’étaient-ils installés dans leurs bureaux que l’aéroport de Lille était victime d’un incendie. Second coup dur, l’arrivée, dans la foulée, de l’épidémie de coronavirus qui a engendré une terrible crise du transport aérien. Une cascade de tuiles qui pourrait remettre en question le développement de l’équipement.

A l’arrêt total pendant la période de confinement, le trafic aérien à l’aéroport de Lille a repris de manière poussive depuis le 15 juin dernier. A ce jour, il n’atteint que 50 % de ce qu’il était un an auparavant. « Le bilan de cet été est plutôt positif, notamment en ce qui concerne le trafic national. Néanmoins, nous sommes inquiets pour les mois à venir, particulièrement sur le trafic international », reconnaît Marc-André Gennart, Directeur général d’Aéroport de Lille SAS.

Un projet « pertinent à l’échelle de 20 ans »

Parce qu’avec l’épidémie de coronavirus, personne ne sait de quoi demain sera fait. « Les compagnies aériennes ont revu leurs prévisions à la baisse, mais elles ont aussi appris à être plus flexibles en s’adaptant à la demande », poursuit le DG. Malgré tout, pour cet automne, les six compagnies opérant à Lille proposent près d’une trentaine de destinations, la plupart au national. « Cela correspond entre 15 à 20 mouvements quotidiens jusqu’à la mi octobre. Sans doute moins pour cet hiver », pronostique Marc-André Gennart.

En 2020, on sera donc très loin de la barre des 2 millions de passagers, franchie en 2018, avec ce que cela implique comme perte de revenus. Pour assurer la pérennité de l’entreprise, des mesures ont été prises, comme la mise au chômage partiel de la moitié du personnel. Pour autant, le projet d’agrandissement à cent millions d’euros n’est pas abandonné. « A l’échelle de 20 ans, c’est toujours pertinent et le projet n’est pas remis en question. En revanche, il faut être pragmatique et souple sur le calendrier des travaux même s’il est maintenu pour l’instant », concède Christophe Coulon, président du Syndicat mixte des aéroports de Lille et Merville (Smalim). Du coup, le début du chantier, prévu dès 2022, pourrait être repoussé de « six mois, un an, deux ans », reculant d’autant la mise en service espérée à l’origine en 2023.