Pont-à-Marcq : La fermeture de l’usine Afga risque de laisser 175 salariés sur le carreau

SOCIAL Une réunion à la préfecture de Lille doit décider, ce vendredi, de l’avenir de l’usine Agfa de Pont-à-Marcq, laquelle doit fermer

Gilles Durand

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Une rangée de tee-shirts symbolisant le licenciement des 175 salariés de l'usine Agfa à Pont-à-Marcq.
Une rangée de tee-shirts symbolisant le licenciement des 175 salariés de l'usine Agfa à Pont-à-Marcq. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le 11 juin, Agfa-Gevaert annonçait son intention de fermer deux sites, à Pont-à-Marcq, dans le Nord, et au Royaume-Uni, où étaient fabriquées des plaques d’impression.
  • La fermeture de l’usine de Pont-à-Marcq concerne 175 salariés.
  • Les services de l’Etat doivent valider ou non le plan social de la société belge.

« C’est dur à encaisser. A 56 ans, j’ai quel avenir ? ». Trois mois après l’annonce de la fermeture de l’usine Agfa à Pont-à-Marcq, dans le Nord, Jean-Louis, 39 ans d’ancienneté, est encore sous le choc. Son avenir, il va, en partie, se jouer, vendredi, à la préfecture du Nord.

Une réunion doit s’y tenir entre la direction du groupe belge d’imagerie industrielle, les représentants des 175 salariés du site de Pont-à-Marcq et les services de l’Etat. « Je plaide pour que le premier objet de cette réunion de concertation ne soit pas les conditions du plan de sauvegarde de l’emploi, mais bien ses motivations », souligne le député (LFI) du Nord, Adrien Quatennens, dans un communiqué de soutien aux salariés.

Prouver le licenciement économique

Le 11 juin, Agfa-Gevaert annonçait son intention de fermer deux sites, à Pont-à-Marcq et à Leeds, au Royaume-Uni, où sont fabriquées des plaques pour l’imprimerie offset, fleuron de l’impression au siècle dernier. « Ce marché a vu, au cours des dernières années, une chute importante et durable des volumes de plaques d’impression et une érosion substantielle des prix », justifiait Agfa.

Or, pour l’instant, la société, qui revendique un chiffre d’affaires de 2,24 milliards d’euros, n’a pas été en mesure de prouver le licenciement économique, selon les membres du comité social et économique (CSE). « Un cabinet d’expert a été mandaté pour vérifier les chiffres, mais la direction d’Agfa se montre réticente à fournir les documents », dénonce Jean-Michel Bar, secrétaire (CGT) du CSE.

« Pour nous il s’agit d’une fermeture plus stratégique qu’économique, assure Patrick Deletombe. Aucun investissement nécessaire n’a été fait à Pont-à-Marcq ces dernières années. On paie les mauvais choix des gens qui nous dirigent. »

« On a mouillé la chemise »

Les élus soupçonnent la direction de vouloir transférer les volumes de production dans l’usine allemande de Wiesbaden, puis en Chine à plus long terme. « Il y a deux ans, un contrat a été signé avec le groupe chinois Lucky. Que contient-il ? », s’interroge Jean-Michel Bar.

En 2013, un plan social avait déjà allégé les effectifs de 70 personnes. « On savait que ça n’allait pas bien, mais on ne s’attendait pas à la fermeture totale du site. On a mouillé la chemise. Les salariés ont 51 ans et 25 ans d’ancienneté, en moyenne, avec un savoir-faire sur un métier rare. Et les plus jeunes embauchés ont l’impression d’avoir perdu du temps, faute d’anticipation de la part des dirigeants », s’inquiète Jean-Michel Bar.

Le plan social pourrait être déposé en octobre. L’usine de Pont-à-Marcq avait été construite en 1935.