Coronavirus à Lille : Comment une entreprise nordiste collecte et traite les masques de protection usagés

CORONAVIRUS Elise, une entreprise nordiste, collecte et traite les déchets en lien avec l’épidémie de coronavirus

Mikaël Libert

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Une boîte de collecte de «déchets covid» à Lille.
Une boîte de collecte de «déchets covid» à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Des déchets pas comme les autres. Il aura fallu du temps, mais aujourd’hui, les masques de protection contre le coronavirus ne sont plus une marchandise rare. Et c’est tant mieux puisque, dans le Nord comme dans beaucoup d’autres endroits du territoire, il est désormais obligatoire d’en porter un dans la rue. Avec une durée d’utilisation estimée à 4 heures, c’est un nombre astronomique de masques chirurgicaux qui sont jetés chaque jour. Elise, une société basée près de Lille, collecte et traite dans les entreprises les « déchets Covid-19 ».

Elise est une société habituée à collecter des déchets, sensibles ou non, au sein des entreprises. Cela va du papier au mobilier, en passant par les piles ou même les ordinateurs. Mais avec l’épidémie de coronavirus, l’entreprise a dû commencer à réfléchir avant la fin du confinement à des solutions pour les déchets spécifiques, à risque infectieux, liés à la Covid-19. « Ce que l’on ne voulait absolument pas, c’est que les déchets de type masques se retrouvent dans les corbeilles de tri du papier », insiste Sophie Bayoux, directrice générale du groupe Elise. Non seulement parce que les masques ne sont pas en papier, mais surtout parce que le tri s’effectue à la main par des personnes en situation de handicap, donc fragiles.

L’incinération, solution la plus répandue

Du coup, ce sont des corbeilles spécifiques « déchets Covid-19 » qu’Elise a fabriquées et disposé chez ses clients depuis la fin du confinement. Il y a une cinquantaine de points de collecte rien que sur Lille. « Lorsque les sacs sont pleins, ils sont fermés avec soin et ramassés par nos collecteurs puis acheminés dans nos locaux pour être traités en valorisation énergétique », poursuit la directrice générale. En gros, cela signifie incinérés avec les autres déchets non recyclables.

Pour autant, les volumes de masques allant croissant et comme personne ne sait pendant combien de temps il faudra en porter, certains réfléchissent à recycler des déchets plutôt que de les brûler. Elise est d’ailleurs entré en contact avec deux entreprises qui ont déjà des solutions. La première est une PME installée à Châtellerault, Plaxtil. « Ils broient et désinfectent les masques puis les mélangent à du plastique pour en faire des objets comme des boîtes de rangement », explique Sophie Bayoux. L’autre entreprise, Cosmolys, près de Lille, récupère le polypropylène contenu dans les masques pour en faire des granules. Une matière première qui sert, par exemple, à fabriquer des salons de jardin.

Si la manne semble importante au vu du nombre de personnes obligées de porter le masque, le volume récupéré reste encore assez faible. « A Lille, depuis l’installation des 50 points de collecte, nous avons pu traiter environ 200.000 masques pour un poids total de 739 kg », assure la directrice générale du groupe Elise.