Lille : La plus longue rue de la ville deviendra-t-elle bientôt la plus belle ?

URBANISME Le premier gros chantier du nouveau mandat de Martine Aubry est le réaménagement de la rue Solférino

Mikaël Libert
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La rue Solférino, à Lille.
La rue Solférino, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

La taille ne fait pas tout. A Lille, la rue Solférino est l’artère la plus longue de la ville. Ses 2 km relient la citadelle au parc Jean-Lebas en traversant trois quartiers. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que la rue Solférino n’a rien de particulier et, de l’aveu même de Martine Aubry, elle ne donne pas envie de s’y balader. Un état de fait qui devrait changer, la mairie ayant décidé d’offrir une « métamorphose paysagère » d’envergure a cet axe important.

En exagérant peine, on peut dire que l’on ne passe par la rue Solférino que pour aller boire des coups à Masséna ou se rendre au théâtre Sébastopol. Bon, il y a aussi le Palais Rameau, le musée d’histoire naturelle et pas moins de cinq places « relativement minérales » reconnaît Martine Aubry. Un potentiel inexploité pour les éventuels promeneurs, d’autant qu’à ce jour, la place de la voiture y est largement majoritaire. « Nous allons inverser la tendance pour atteindre 40 % voiture et 60 % piétons et cyclistes », affirme Jacques Richir, adjoint au maire en charge de l’espace public et du cadre de vie.

Des arbres et des mini terrasses

Un miracle qui sera rendu possible par un changement radical du profil de la rue. « Les trottoirs seront élargis et nous allons créer de vraies pistes cyclables séparées de la voie de circulation des voitures », explique Martine Aubry. Pour compenser l’actuelle absence de végétation, la ville a retenu une solution innovante : « de chaque côté, tout le long de la rue, une fosse continue assurera non seulement l’évacuation des eaux pluviales vers les nappes phréatiques, mais elle accueillera aussi des arbres et d’autres plantations », poursuit la maire de Lille.

La rue Solférino, à Lille.
La rue Solférino, à Lille. - M.Libert / 20 Minutes

La socialiste, qui déplorait aussi le manque de mobilier urbain dans la rue Solférino, a annoncé la création de « parklets ». Ce sont des îlots, comme de petites terrasses de bois, aménagés avec des bancs. « Il ne faudra pas les détourner de l’usage que l’on veut et qu’ils soient squattés par des jeunes qui boivent des bières côté Massena », prévient Martine Aubry.

Réduction drastiques des places de stationnement

Pour faire tout ça, la mairie va toucher à un sujet qui fâche : le stationnement. « On va réduire d’environ 25 % le nombre de places pour les voitures », estime Jacques Richir. Un postulat assumé par la maire : « Je n’entends pas les arguments des gens qui ont deux ou trois voitures et qui veulent les stationner toutes en bas de chez eux. » La socialiste a d’ailleurs annoncé qu’elle allait encore élargir le stationnement payant dans la ville.

Les concertations publiques sur le réaménagement de Solférino commencent dès ce mardi pour un début des travaux espéré dès la fin 2020. Le projet ne devrait pour autant pas changer beaucoup, du moins en ce qui concerne la rue. Mais la mairie affirme qu’elle sera particulièrement ouverte aux propositions des habitants pour la métamorphose des cinq places réparties le long de l’axe.