Coronavirus à Lille : Privés de vraie Braderie, les commerçants lillois ont le moral au plus bas à la rentrée

ECONOMIE Annulée en raison de la crise sanitaire, la Braderie de Lille aurait dû avoir lieu ce week-end

Francois Launay

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Lille: La Braderie de Lille ou l'histoire d'un succès populaire — 20 Minutes
  • La Braderie de Lille, annulée en raison de la crise sanitaire, aurait dû se dérouler ce week-end des 5 et 6 septembre.
  • Si une braderie réservée aux commerçants va être organisée, elle ne comblera pas le manque à gagner de commerçants au plus mal.
  • Entre le confinement et l’annulation d’un aussi grand événement, le commerce lillois est en crise.

Dans le monde d’avant, le premier week-end de septembre était attendu avec impatience par les commerçants lillois. Avec la grande Braderie pour lancer la rentrée, la plupart réalisait en un week-end le chiffre d’affaires habituellement fait en un mois. Sauf que le Covid est depuis passé par là. Déjà annulé en 2016 pour cause de menace terroriste, la Braderie 2020 n'aura pas résisté à la crise sanitaire.

Pour sauver la face, une braderie des commerçants est organisée samedi et dimanche dans la ville. Si rien ne sera vendu à l’extérieur des boutiques, cette initiative redonne un peu de baume au cœur aux professionnels. « C’est important pour l’activité économique du commerce lillois. En 2016, quand la Braderie avait déjà été annulée, ça s’était déjà plutôt bien passé. Même si ça reste une cerise sur un gâteau très très pauvre », reconnaît Romuald Catoire, le président de la fédération lilloise du commerce.

20 à 25 % des bars et restaurants lillois pourraient fermer

Reste que le moral des commerçants – qui pour la plupart ont dû fermer leurs boutiques deux mois pendant le confinement – est au plus bas en cette rentrée sur fond de Covid. « L’inquiétude grandit chaque jour. On se demande tous comment va redémarrer l’activité économique. Beaucoup ont contracté des prêts garantis par l'Etat (PGE) et il va bien falloir les rembourser. Finalement, la seule question qu’on se pose cette année c’est combien d’argent on va perdre », s’inquiète Romuald Catoire.

Si l’activité économique a plutôt bien fonctionné à Lille au mois d’août, beaucoup de secteurs sont en grande souffrance. Les bars, restaurants et hôtels font partie des plus touchés par la crise : 20 à 25 % de ce type d’établissement pourraient tout simplement fermer leurs portes dans les mois qui viennent.

« Certains commerçants ont pu repousser de quelques mois le paiement de leurs charges et de leurs loyers. Mais il faudra bien finir par payer. C’est à partir de maintenant qu’on va voir combien de gens vont rester sur le bord de la route. S’il n’y a pas de rentrée d’argent, certains ne vont pas s’en sortir », s’alarme Gérard De Poorter, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) Hauts-de-France.

Une fin d’année à très haut risque

Si on ajoute à ça la fin des mesures de chômage partiel fixée au 1er novembre, la fin de l’année s’annonce à haut risque pour les commerçants. L’augmentation des cas positifs et l’éventualité d’un placement en zone rouge de la métropole lilloise font aussi craindre le pire. « On ne survivrait pas à un nouveau confinement. Ce serait une catastrophe sociale, économique et humaine », avoue Romuald Catoire.

Pour éviter le scénario du pire, les commerçants insistent sur le respect des gestes barrière avec port du masque obligatoire et gel hydroalcoolique à l’entrée des boutiques. Des mesures contraignantes mais indispensables pour aider des commerçants dans cette annus horribilis.