Lille : Portables, feux rouges, trottoirs, ces infractions que les cyclistes peuvent payer cher

SECURITE ROUTIERE Avec l’explosion des modes de transports « doux », les autorités ont constaté une augmentation des comportements à risques

Mikaël Libert

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Griller un feu rouge est l'infraction la plus courante commise par les cyclistes.
Griller un feu rouge est l'infraction la plus courante commise par les cyclistes. — M.Libert / 20 Minutes

La carotte et le bâton. Ce mercredi après-midi, de nombreux policiers à moto ou à scooter étaient mobilisés dans le centre-ville de Lille pour traquer les comportements à risques des cyclistes et autres utilisateurs de trottinettes. Une opération de prévention sans verbalisation qui aurait pu rapporter gros à l’Etat tant le nombre d’infractions constatées était important.

Peu après 14 h, ce mercredi, un cycliste arrive sur le stand de la prévention routière, installé place de la République, escorté par deux motards de la police nationale. « J’ai grillé un feu rouge », reconnaît-il. A la place de l’amende de 135 euros (minorée à 90 euros en cas de paiement rapide), les policiers lui ont proposé de participer à un atelier de sensibilisation. « Passer au rouge, je le fais souvent, même si je sais que c’est interdit », ajoute le cycliste. Et il n’est que le premier d’une très longue série.

Feux rouges, circulation sur les trottoirs et oreillettes

Selon un policier participant à l’opération, le trio gagnant des infractions à vélo est : feux rouges, circulation sur les trottoirs et oreillettes. Des infractions très courantes qui sont pourtant chacune sanctionnées par des amendes forfaitaires de 135 euros. Mais si la police verbalise effectivement ces comportements, c’est toutefois loin d’être systématique : « Il y a tellement de flux à Lille que les cyclistes ne sont clairement pas nos cibles prioritaires », reconnaît le motard.

Néanmoins, cela arrive. Et quand c’est le cas, ça passe mal. Le 10 juillet dernier, une mère de famille a été verbalisée pour avoir franchi un feu rouge sur son vélo cargo avec ses deux enfants à bord. « Des gens se sont arrêtés pour nous demander si nous n’avions pas mieux à faire, mais cette dame ne se rendait pas compte qu’elle mettait sa vie et celles de ses enfants en danger », explique le policier verbalisateur.

Les fonctionnaires multiplient les interceptions. Sur la piste cyclable du boulevard de la Liberté, ils arrêtent un homme qui circule avec son fils sur une trottinette électrique. « Je ne savais pas que c’était interdit, mais je comprends », assure l’homme. « Beaucoup de personnes ne connaissent pas la législation sur les engins de déplacement personnels motorisés (EDPM). Avant, il n’y avait pas vraiment de cadre et ces engins étaient tolérés. Aujourd’hui, ils sont inscrits dans le Code de la route et il y a des règles à respecter, comme l'obligation d'être assuré », insiste un policier.

En 2020, deux cyclistes sont morts à Lille

Une réalité qui va être rappelée à une jeune femme de 25 ans qui circule elle aussi à trottinette électrique. « J’ai été mauvaise élève, je viens de griller un feu. Parfois je m’arrête, mais là j’ai vu qu’il n’y avait personne alors je suis passée », concède-t-elle. Titulaire du permis de conduire, la jeune femme avoue ne pas se comporter ainsi en voiture. « Le fait que les vélos et trottinettes n’aient pas de plaque d’immatriculation joue aussi beaucoup. Les utilisateurs savent qu’ils ne pourront pas être identifiés », déplore un agent.

Dans la foulée, quatre ados à vélo se font contrôler après avoir grillé un feu rouge : « C’est la deuxième fois aujourd’hui qu’on vous fait un cadeau, il n’y en aura pas de troisième », les prévient un motard de la police. « On parlait, on n’a pas fait attention », tente de se défendre un des jeunes que la situation amuse. Un amusement que le policier ne partage pas et qui le pousse à remonter les bretelles de l’ado.

Si les autorités ont décidé de marquer le coup, c’est parce que, de fait, les cyclistes sont des usagers de la voie publique particulièrement exposés, même en respectant scrupuleusement le Code de la route. Ainsi, en 2020, deux cyclistes sont morts à Lille. La dernière victime, une femme, a été écrasée par un camion qui prenait un virage.