Hauts-de-France : Comment Enedis a pu endiguer le fléau des vols de métaux

SECURITE La signature d’une convention avec la gendarmerie a permis à Enedis de réduire drastiquement les faits de vols de câbles

Mikaël Libert
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Les vols de métaux, un fléau maîtrisé par Enedis (illustration).
Les vols de métaux, un fléau maîtrisé par Enedis (illustration). — O.Aballain / 20 Minutes
  • En 2014, Enedis a connu un pic des vols de câbles en cuivre.
  • L’entreprise a signé une convention avec la gendarmerie pour endiguer ce fléau.
  • Aucun vol n’a été constaté depuis le début de l’année 2020.

Du cuivre qui vaut de l’or. Ce jeudi, le distributeur d’électricité Enedis a renouvelé la convention de partenariat signée en 2014 avec la gendarmerie nationale. A l’époque, l’idée était de travailler de concert avec les militaires pour tenter de faire chuter le nombre de faits de vols de métaux. Car de fait, les câbles de cuivre utilisés pour véhiculer le courant électrique sont des cibles de choix pour les voleurs en raison du prix de vente de ce métal. Une association qui a porté ses fruits puisque depuis le début de l’année 2020, Enedis ne déplore aucun vol de câble.

Lorsque l’on parle de vol de métaux, essentiellement de câbles électriques, les cibles sont pour le moins variées et le résultat est parfois rocambolesque. Ainsi, en septembre 2015, tous les candélabres d’une rue de Marquette-Lez-Lille avaient été vidés de leur cuivre, plongeant un quartier entier dans le noir. Ce fléau n’épargne pas les communes, et encore moins les entreprises. Police et gendarmerie s’accordent à dire que la SNCF et Enedis figurent en haut de la liste. « La première convention avec la gendarmerie a été signée en 2014. A l’époque, les vols de câbles étaient relativement fréquents et il fallait à chaque fois déposer une plainte », explique Jean-Marc Fourez, directeur adjoint d’Enedis Hauts-de-France.

Des vols parfois spectaculaires

Si le cuivre attise autant les convoitises, c’est parce que c’est un métal relativement précieux, dont le prix varie en fonction d’un cours. Aujourd’hui, il approche les 4,50 euros le kilo. « Une portée de câble de réseau d’un kilomètre pèse environ une tonne, cela fait une jolie somme. Et du cuivre, il y en a partout dans nos installations », affirme le directeur adjoint d’Enedis. Un business illégal, dangereux mais très rentable qui se traduit par des actions parfois spectaculaires. En 2014, près de Maubeuge, les voleurs ont délesté douze poteaux d’une ligne de 20.000 volts de 3 km de câble. Une autre fois, ce sont les quatre pieds d’un pylône de 35 mètres de haut d’une ligne de 45.000 volts qui avaient été tronçonnés.

« Ils n’hésitent même pas à s’attaquer aux postes à très haute tension à 400.000 volts », assure Jean-Marc Fourez. Les voleurs de câbles savent néanmoins ce qu’ils font. « Ils agissent de nuit, dans des endroits isolés. Ils s’arrangent aussi pour que les clients ne soient pas coupés pour que l’alerte ne soit pas donnée », précise Enedis.

Aucun vol à déplorer depuis le début 2020

Il est impossible de surveiller les 52.000 km du réseau dans le Nord-Pas-de-Calais. Mais les ouvrages sensibles ont été signalés et des dispositifs ont été installés pour limiter les intrusions. « On échange aussi du renseignement des deux côtés. Et l’on forme aussi sur ce qu’il faut faire ou pas lorsqu’un vol est commis. Limiter l’accès au site par exemple pour faciliter les recherches d’éléments de police scientifique par exemple », explique le colonel Wanecques, de la gendarmerie.

Cette collaboration a permis de mettre sous les verrous plusieurs bandes de voleurs de cuivre, notamment celle responsable du coup d’éclat de Maubeuge. Après le pic de 2014, le nombre de vols de métaux sur des sites Enedis baisse chaque année. « Il y a eu un petit rebond en 2019 mais en 2020, nous ne déplorons aucun vol », assure Jean-Marc Fourez.

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