Nord : Pourquoi la seule crèche privée de Pont-à-Marcq risque de fermer

ENFANCE Les familles d’enfants pris en charge dans une micro crèche privée de Pont-à-Marcq se mobilisent contre la mairie qui refuse de renouveler son bail

Mikaël Libert

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Une crèche (illustration).
Une crèche (illustration). — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • La seule crèche privée de Pont-à-Marcq doit fermer fin août.
  • La mairie a décidé de ne pas renouveler le bail commercial de la crèche.
  • Les familles dénoncent une décision « injustifiée » de la municipalité.

« Jeux m’Eveille » pourrait s’endormir à jamais. La seule micro crèche privée de Pont-à-Marcq, une petite commune au sud de Lille, devrait fermer définitivement ses portes à la fin du mois d’août. La crise du coronavirus n’a pourtant rien à voir là-dedans puisque, économiquement, la structure se porte plutôt bien. Le bailleur de la crèche, qui n’est autre que la mairie, a tout simplement décidé de ne pas renouveler le bail commercial. Une décision légale qui risque néanmoins de mettre six personnes au chômage et 13 familles dans la panade.

La micro crèche « Jeux m’éveille » s’est installée il y a neuf ans dans une petite maison d’un étage appartenant à la municipalité de Pont-à-Marcq. Un bail commercial de neuf ans a été signé et la gérante de l’établissement a effectué tous les travaux de mise en conformité pour l’accueil des enfants. « Nous sommes 13 familles à avoir choisi cette crèche qui est la seule à pratiquer la méthode Montessori. La gérante n’a même pas besoin de faire de pub, il n’y a jamais de place de libre », assure Céline, la maman d’une petite fille prise en charge depuis trois ans dans cette structure.

« Cette décision de la mairie n’est pas justifiée »

Selon plusieurs parents, les familles ont été informées, fin juin, de la confirmation de non-renouvellement du bail de la crèche par la mairie. Le préavis de six mois avait été délivré à la gérante en janvier dernier, sous la précédente mandature. Et l’élection municipale n’y a rien changé. Si l’ancien maire a passé la main, c’est un de ses adjoints de l’époque, Sylvain Clément, qui a été élu dès le premier tour des municipales, en mars dernier.

« Cette décision de la mairie n’est pas justifiée, ce n’est pas comme si les loyers n’étaient pas payés », peste une autre maman qui préfère garder l’anonymat. En jeu, le licenciement de cinq employés de la crèche et le projet de la gérante qui s’effondre même si cette dernière doit bénéficier d’une indemnité d’éviction. « La crèche doit fermer le 31 août, mais c’est déjà très difficile, voire impossible de trouver de place dans une autre structure dans un délai aussi court », déplore Céline.

« Je ne peux affirmer que la crèche devra partir ni si elle pourra rester »

Pourtant, cette petite commune ne manque pas d’assistantes maternelles. Elles sont 17 répertoriées sur le site de la mairie et la plupart appartiennent à l’association Lolina Pam. Deux d’entre elles sont aussi conseillères municipales et une autre est adjointe au maire en charge l’Enfance. C’est d’ailleurs cette dernière, Albertina Meire, qui a répondu à 20 Minutes : « Cette affaire est en discussion. A ce jour, je ne peux affirmer que la crèche devra partir ni si elle pourra rester », a-t-elle déclaré. Sur les raisons qui motivent la mairie à ne pas renouveler le bail, l’adjointe a préféré « ne pas communiquer. » Sollicité par 20 Minutes, le maire n’a pas donné suite. L’élu doit néanmoins recevoir, jeudi, l’une des mamans en colère. Et celle-ci espère bien obtenir des réponses.