Elections municipales à Lille : Comment Martine Aubry va-t-elle diriger la mairie, sans les écolos ?

POLITIQUE Martine Aubry, qui sera réélue maire de Lille, ce vendredi, risque de changer son mode de gouvernance pour son quatrième mandat

Gilles Durand

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Martine Aubry, lors de sa rélection aux municipales à Lille, le 28 juin 2020.
Martine Aubry, lors de sa rélection aux municipales à Lille, le 28 juin 2020. — SEBASTIEN COURDJI/SIPA
  • Sans surprise, Martine Aubry va être réélue maire de Lille, ce vendredi, lors de l’installation du conseil municipal.
  • Comment va-t-elle diriger son quatrième mandat ?
  • Elle envisage de confier, pour la première fois, la présidence de certaines commissions à l’opposition.

Martine Aubry va être réélue maire de Lille. Aucun suspense à attendre de l’installation du conseil municipal qui aura lieu, ce vendredi, au beffroi. Les questions qui se posent sont d’un autre ordre : comment la maire (PS) de Lille va-t-elle diriger son quatrième mandat ?

Car – et c’est la contradiction de ces municipales 2020 – jamais sa liste n’a gagné avec une aussi faible marge (227 voix d’avance sur Stéphane Baly), mais jamais elle n’aura eu autant de marge de manœuvre, sans les écologistes, souvent contestataires, dans sa majorité.

« Cause toujours, tu m’intéresses ! »

Sur les orientations écologistes de ce mandat, Audrey Linkenheld, potentielle première adjointe de Martine Aubry, est formelle : « Les Lillois ont voté autant pour la justice sociale que pour la transition écologique ». Il n’y aura donc pas de main tendue vers les anciens alliés écolos qui bénéficieront désormais d’une « parole libérée ».

« Pour repartir dans une gouvernance du « Cause toujours, tu m’intéresses ! », autant être dans l’opposition », témoigne Jérémie Crépel, ancien élu municipal (EELV). « Si les projets sont en phase avec nos valeurs écologiques, il n’y a pas de raisons de voter contre », tempère le nouvel élu vert, Maroin Al Dandachi.

L’ancienne tête de liste, Stéphane Baly, assure, de son côté, que l’opposition ne sera pas « bête et bornée ». « Nous nous opposerons si nécessaire, comme nous l’avons toujours fait quand nous étions dans la majorité », note-t-il.

La présidence de certaines commissions confiée à l’opposition ?

« La gouvernance sera différente. Nous avons une majorité plurielle à faire vivre avec des communistes, des centristes et des personnalités de divers horizons », souligne, par ailleurs, Audrey Linkenheld. Néanmoins, cette dernière annonce qu’il est « envisageable de confier la présidence de certaines commissions à l’opposition ». Une première sous le règne Aubry.

Participation citoyenne sur les grands projets, expérimentation de la démocratie en ligne, mise en place d’un haut conseil pour le climat sont autant d’initiatives que la majorité promet également de prendre.

« Ce sont 60 % des Lillois qui invitent Martine Aubry à prendre davantage en considération l’opposition », estime Violette Spillebout (LREM), qui siégera dans l’opposition. Pour son premier mandat, l’ancienne cheffe de cabinet de Martine Aubry affirme que son groupe de 6 élus « sera au rendez-vous de ses responsabilités ».