Déconfinement : « Je pense que c'est la fin des boites de nuit »...La grosse déprime des patrons de discothèques lilloises

SORTIES Fermées depuis le 14 mars, les discothèques ne rouvriront pas au mieux avant le mois de septembre. De quoi faire craindre une catastrophe économique dans le monde de la nuit.

Francois Launay

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En raison du coronavirus, les discothèquesne pourront rouvrir avant septembre.
En raison du coronavirus, les discothèquesne pourront rouvrir avant septembre. — SYSPEO/SIPA
  • Les discothèques sont fermées depuis le 14 mars en raison de la crise sanitaire.
  • La réouverture des boîtes de nuit n’aura pas lieu au mieux avant le mois de septembre.
  • Les professionnels du secteur redoutent une catastrophe économique.

En temps normal, le Radioclub fait partie de ces lieux incontournables qui rythment les soirées des noctambules lillois. Mais depuis le 14 mars, les portes de la discothèque de l’avenue du Peuple-Belge sont fermées. Contrairement aux bars et aux restaurants rouverts en France depuis le 2 juin, les boîtes de nuit devront attendre au mieux le mois de septembre pour accueillir du public. Six mois minimum de fermeture sanitaire aux airs de grande catastrophe économique pour le monde de la nuit.

« On fait ce qu’on peut. Si nos salariés peuvent encore bénéficier du chômage partiel, chaque établissement doit faire face à des charges fixes (loyers, prêts…) et c’est compliqué. Je pense que beaucoup de collègues vont passer de vie à trépas », déplore Jean-Stéphane Lelièvre, patron du Radioclub. Déjà en difficulté depuis plusieurs années les discothèques risquent d'avoir du mal à se relever de la crise du Covid.

« On est tous en déprime. C’est le coup de grâce. Aujourd’hui, il y a déjà 20 % des patrons de boîtes de nuit qui pourraient déposer le bilan. Et je pense que 40 % seront en liquidation après l’été. C’est dramatique », s’alarme Franck Duquesne, patron du Duke’s, une boîte lilloise, et en charge du monde de la nuit à l’Union des métiers d’industrie et de l’hôtellerie (UMIH) Hauts-de-France.

« On ne peut pas être souple avec les distanciations sociales en discothèque »

Très inquiets, les patrons de boîtes ne contestent pourtant pas la fermeture avec un protocole sanitaire si difficile à mettre en place dans leurs établissements. « Si on est tous serrés dans une boîte de nuit, le virus va revenir, c’est certain », concède Franck Duquesne.

« La discothèque, c’est le seul endroit où on ne peut pas mentir. En boîte, tu ne peux pas danser un slow et tu peux difficilement boire un verre et converser à un mètre de distance. On ne peut pas être souple avec les distanciations sociales », reconnaît Jean-Stéphane Lelièvre. Même si les images de foule bondées et de bars remplis dimanche à Paris lors de la fête de la musique ont donné le sentiment d’un deux poids deux mesures chez les patrons de boîte.

L’avenir des boîtes de nuit en question

Placées sous perfusion, les discothèques ne sont pas au bout de leurs peines. En cas de réouverture en septembre, il n’est même pas sûr que le public soit au rendez-vous. « Nos clients ont pris des habitudes différentes depuis le confinement. Après six mois sans avoir mis un pied en discothèque, les gens se sont habitués à faire la fête différemment que ce soit dans des bars ou en faisant des fêtes privées. On est en train de tuer le métier à petit feu », déplore le patron du Radioclub.

« Je pense que c’est la fin des boîtes de nuit. Je sens mal l’avenir », conclut, dépité, Franck Duquesne qui souhaite interpeller rapidement les pouvoirs publics devant la catastrophe annoncée.