Non-lieu requis pour la ville de Roubaix

Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes

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« Les manquements sont parfaitement relevés. Mais personne n'est responsable... » Délégué de la fédération des victimes d'accidents collectifs (Fenvac), Stéphane Gicquel ne cachait pas son amertume, hier, devant la chambre d'instruction de Douai. Le parquet général a en effet demandé d'abandonner les poursuites contre la ville de Roubaix dans l'affaire du boulevard Beaurepaire. Par un beau dimanche d'août 2006, six personnes avaient péri dans l'incendie de cet immeuble insalubre.

Vingt locataires pour douze pièces meublées, l'origine du sinistre n'a jamais été trouvée. Les dysfonctionnements municipaux, si. Il ne faut pas chercher bien loin, il suffit de lire l'ordonnance du juge d'instruction. Manque de formation des agents municipaux, manque de moyens, manque d'extincteurs dans l'immeuble... « Notre objectif, c'est la prévention. La mairie doit être jugée dans cette affaire pour que cela ne se reproduise plus », réclame Frédéric Bibal, avocat de la Fenvac. « Mais on ne peut pas poursuivre la mairie pour cela, rétorque Gérald Boitiaux-Dufour, l'avocat du maire de Roubaix. La ville a tout de même mis en place de gros moyens pour lutter contre l'insalubrité. »

Seul problème, on ne connaîtra jamais les moyens municipaux déployés pour lutter contre l'insalubrité de l'immeuble en cause. L'ordinateur de Pierre Dubois, l'adjoint chargé de l'hygiène, a en effet été « nettoyé ». Les mails entre le 28 juin et le 31 août 2006 ont disparu. Et selon le juge d'instruction, les réponses de l'élu à ce sujet ont été « évasives voire provocantes ». Provocantes mais insuffisantes pour renvoyer la ville en correctionnelle. Si le non-lieu est confirmé le 29 janvier prochain, seuls le propriétaire et l'électricien de l'immeuble seront jugés. Le premier pour « homicide involontaire ». Le second pour « mise en danger de la vie d'autrui ».