PSA : Moins de travailleurs étrangers et davantage d'intérimaires à l'usine d'Hordain

AUTOMOBILE Le constructeur automobile français PSA a présenté la composition de la troisième équipe qui travaillera mi-juillet dans l’usine nordiste d’Hordain

20 Minutes avec AFP
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L'usine PSA d'Hordain, dans le Nord.
L'usine PSA d'Hordain, dans le Nord. — M.Libert / Archives 20 Minutes
  • Le constructeur automobile PSA va créer une 3e équipe sur son site nordiste d’Hordain pour faire face à une « forte activité industrielle ».
  • Cette équipe devait initialement être composée de quelque 500 salariés polonais du constructeur.
  • Le tollé engendré par cette initiative a fait reculer PSA qui a réduit à une centaine le nombre d’ouvriers polonais détachés dans le Nord.

Le constructeur automobile PSA a présenté, ce lundi, la composition définitive des effectifs de la troisième équipe mise en place dans l’usine nordiste d’Hordain pour répondre à une « forte activité industrielle ». L’effectif sera composé majoritairement d’intérimaires, mais comprendra finalement au moins 124 salariés polonais, contre les 500 prévus initialement.

La direction souhaitait au départ que cette troisième équipe de quelque 530 personnes soit composée quasi intégralement de salariés étrangers, majoritairement polonais, ce qui avait provoqué l’ire des syndicats et poussé le gouvernement à mettre la pression sur le constructeur automobile pour revoir sa copie.

Un effectif global composé à 5 % d’étrangers

Cette équipe « avait été initialement pensée avec un esprit de solidarité en offrant la possibilité aux salariés volontaires des sites qui sont sans activité de venir nous prêter main-forte », a expliqué à l’AFP Luc Samsoen, directeur des ressources humaines du site d’Hordain, à l’issue d’un CSE extraordinaire, lundi, sur le site. Selon le DRH, l’usine polonaise de Gliwice, où est produite l’Opel Astra mais qui est en activité partielle, avait ainsi dit pouvoir « prêter » jusqu’à 400 salariés.

Finalement, cette nouvelle équipe, qui doit être complètement opérationnelle mi-juillet, sera donc composée de 124 salariés venant de Gliwice (Pologne), de 235 intérimaires et de 174 autres personnes, venant soit d’usines européennes, soit relevant du personnel intérimaire. Au total, l’usine comptera donc 2.500 salariés dont 5 % de travailleurs provenant d’usines européennes, a précisé la direction.

Ce dispositif visant à répondre aux commandes en véhicules utilitaires devrait fonctionner ainsi trois mois en attendant « davantage de visibilité » sur sa pérennité qui dépendra « de la poursuite du succès commercial ».

« Il faut faire en sorte que tout le monde travaille là où il habite »

Lundi, Frédéric Jarosset, délégué FO, a salué « un grand recul de la direction ». « Ce que nous voulons, c’est que nos intérimaires soient pris en priorité et c’est ce qui a été fait. » D’après lui, au départ, cette troisième équipe devait être composée intégralement de salariés étrangers venant de Pologne, mais aussi d’Espagne.

Le sujet de la mobilité entre les usines « nous inquiète », mais « on se dit aussi que si PSA Hordain venait à ne plus avoir de travail, si on proposait aux salariés d’aller travailler trois ou six mois dans une autre entreprise au lieu d’avoir du chômage, c’est la meilleure des choses, mais il ne faut pas que ça devienne une habitude », a-t-il affirmé.

Un sujet qui inquiète bien davantage la CGT : « PSA veut faire en sorte que l’ouvrier travaille là où la direction a décidé. Aujourd’hui, ce sont des travailleurs de Gliwice en Pologne, demain ce seront les travailleurs de PSA Hordain qui seront sollicités pour travailler sur n’importe quel site en France ou en Europe », a dénoncé Franck Théry, secrétaire général de la CGT PSA d’Hordain.

« Il faut faire en sorte que tout le monde travaille là où il habite. La direction dit qu’il manque 531 personnes à PSA Hordain, donc on doit embaucher 531 personnes en intérim en France. Vu le taux de chômage dans la région, il y a les ressources nécessaires ! », a lancé M. Théry, dénonçant la transformation des travailleurs en « nomades de l’industrie ».