Notre-Dame-de-Lorette à nouveau profanée

Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes

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A l'heure où blanchit la campagne, ils ont choisi de noircir près de 500 tombes. Le carré musulman du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras (Pas-de-Calais), a été profané dans la nuit de dimanche à lundi.

C'est un ancien combattant qui a fait cette triste découverte lors de sa promenade matinale. Il commence à être habitué : c'est la troisième fois en l'espace de dix-huit mois que ce cimetière est souillé. L'ampleur des dégâts est pourtant sans commune mesure avec les précédentes dégradations. Cette fois-ci, près de 500 stèles - sur les 576 que compte le carré orienté vers La Mecque - ont été recouvertes d'inscriptions injurieuses, certaines à caractère néonazi. Une soixantaine de stèles israélites situées à proximité ont également été visées.

Les injures (Enculé, Nique ta race...) et les croix gammées (à l'envers et à l'endroit) ont été tracées à la bombe de peinture noire. Sur les deux premières rangées de tombes, les lettres forment également les noms de Rachida Dati, la garde des Sceaux, et d'Abdelkader Aoussedj, représentant dans le Nord de la Grande Mosquée de Paris. Cette profanation intervient justement le jour de l'Aïd el-kebir, la fête du sacrifice chez les musulmans.

Rapidement sur place, Jean-Pierre Valensi, le procureur de la République d'Arras, a confié l'enquête de flagrance à la section de recherche de la gendarmerie nationale. Dès hier midi, une centaine d'enquêteurs avaient quadrillé le périmètre et commencé les relevés. En fin d'après-midi, Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, les a rejoints. Il a réclamé « un châtiment exemplaire ».