Nord : Le groupe PSA va faire venir travailler plus de 500 salariés polonais dans une usine nordiste

ECONOMIE 531 salariés vont venir de Pologne d'ici au mois de juillet pour travailler sur le site d'Hordain. Les syndicats dénoncent  une mesure qui laisse de côté les intérimaires. 

F.L. avec AFP

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L'usine PSA d'Hordain en mars 2016
L'usine PSA d'Hordain en mars 2016 — ISA HARSIN/SIPA
  • 531 salariés vont venir de Pologne d'ici le mois de juillet pour travailler sur le site d'Hordain situé près de Valenciennes. 
  • Les syndicats dénoncent une mesure qui laisse de côté les intérimaires. 

Le groupe automobile PSA va faire venir des salariés d’une usine polonaise pour renforcer ses équipes du site d’Hordain (Nord), les syndicats dénonçant jeudi à l’issue d’un CSE une mesure qui laisse de côté les intérimaires.

La semaine prochaine, un « premier contingent » de 120 Polonais de l’usine de Gliwice va arriver, puis 150 les rejoindront la semaine suivante, tous pour une mission de trois mois, logés par l’entreprise dans la région et payés selon la convention collective française du secteur, a détaillé la direction.

531 salariés polonais vont arriver d’ici juillet

« L’objectif » est d’arriver à 531 personnes de plus, pour produire à partir de début juillet en trois équipes (matin, après-midi et nuit), contre deux actuellement, et honorer les commandes en attente d’environ 30.000 utilitaires.

« Le groupe choisit de donner de l’activité à ses salariés », justifie-t-on, alors que 80 % des employés de l’usine polonaise, qui reprend « progressivement », seraient en activité partielle. « Le redémarrage ne se fait pas au même niveau sur tous les sites ».

Des salariés espagnols pourraient aussi venir

La direction, qui soutient ne faire aucune économie avec cette stratégie, envisage aussi de faire venir des salariés de Saragosse (Espagne).

La CGT, qui a voté contre, « n’acceptera pas que les travailleurs PSA deviennent des nomades de l’industrie automobile à travers l’Europe ».

« On est conscient que PSA veut privilégier l’emploi de ses salariés mais elle met sur le carreau ses intérimaires », a regretté Frédéric Jarousset (FO), qui s’est abstenu. « On ne veut pas que ça devienne une habitude ».

« C’est à vomir », s’indigne le secrétaire national du PCF

Sur les 500 intérimaires présents mi-mars, il n’en reste que 270, selon PSA, qui a suspendu leurs contrats avec les sociétés d’intérim.

Le secrétaire national du PCF et député du Nord, Fabien Roussel, s’est indigné que l’entreprise fasse « venir 531 salariés polonais (…), alors que 502 intérimaires sont mis en chômage partiel. » « C’est honteux ! PSA met en concurrence les salariés européens, les opposent en comparant leurs salaires et provoque du chômage en France. C’est à vomir ! », a-t-il écrit sur Twitter.

L’usine d’Hordain, proche de Valenciennes, produit pour les marques Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall et Toyota des utilitaires et des véhicules pour le transport de personnes. Elle a fermé de mi-mars à début mai à cause du confinement lié à la pandémie de covid-19.