Municipales à Lambersart : L’héritage de Marc-Philippe Daubresse toujours en pièces détachées, lors du second tour

ELECTION Comment la ville, précédemment dirigée par l’ex-ministre Marc-Philippe Daubresse, se déchire entre d’anciens adjoints au profit d’un opposant

Gilles Durand
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Les trois listes du second tour des municipales à Lambersart.
Les trois listes du second tour des municipales à Lambersart. — A. B.
  • Sur les 95 communes de la métropole de Lille, 17 n’ont pas élu leur conseil municipal dès le premier tour.
  • A Lambersart, près de Lille, dans le Nord, l’élection a bien failli accoucher d’un second tour avec cinq candidats, phénomène rarissime.
  • Ce sera finalement une triangulaire avec, en toile de fond, des rivalités entre anciens adjoints.

Edit, vendredi 12 juin, à 9h : Le candidat soutenu par LREM, Christophe Caudron, tient à préciser que l’endettement de Lambersart « n’a pas explosé ». « La commune n’a aucun problème d’endettement quand on compare avec la moyenne nationale », assure-t-il. Il reconnaît simplement « un problème de recettes » pour se désendetter, dans la mesure où « Lambersart est essentiellement résidentielle et manque d’entreprises sur son territoire ».

Eparpillés façon puzzle. L’élection municipale à Lambersart, près de Lille, dans le Nord, a bien failli accoucher d’un second tour avec cinq candidats – phénomène rarissime. Finalement, le confinement a étouffé certaines ambitions et seules trois listes, parmi celles qui pouvaient se maintenir, ont décidé de repartir à l’assaut de l’hôtel de ville.

Sur les 95 communes de la métropole de Lille, 17 n’ont pas élu leur conseil municipal dès le premier tour. 20 Minutes se penche donc sur le cas de Lambersart, une ville réputée pour être la banlieue chic de Lille et tenue, pendant près de trente ans, par l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et sénateur (LR) Marc-Philippe Daubresse.

Une fin de mandat plutôt agitée

Car quel que soit le résultat, c’est une page qui risque de se tourner. A Lambersart, la tradition veut que l’adjoint tente, un jour ou l’autre, de briguer la première place. Depuis 1988, Marc-Philippe Daubresse a toujours tenu bon.

En 2017, date de son élection au sénat, il avait confié les rênes à Christiane Krieger qui a connu une fin de mandat plutôt agitée autour de l’héritage Daubresse. Au point que trois anciens adjoints avaient décidé de se lancer dans la campagne municipale.

Au second tour, il n’en reste qu’un : Christophe Caudron (17 % au premier tour), soutenu par le parti présidentiel LREM. Claudie Jilcot (14 %), fidèle à Marc-Philippe Daubresse, a jeté l’éponge, sans consigne de vote. Le troisième est resté en dessous de la barre fatidique des 10 %.

Nicolas Bouche, favori

Dans ce maquis de candidatures divers droite sont venus s’ajouter celles des opposants à Marc-Philippe Daubresse : Nicolas Bouche (36 %) et Olivier Fauchille (10 %). Ce dernier a également décidé de ne pas déposer de liste pour le second tour afin que « le maire et la nouvelle équipe municipale soient élus avec un nombre significatif de voix », préférant « peser sur la commune en créant une association avec ses colistiers ».

Large vainqueur du premier tour, Nicolas Bouche se retrouve donc avec l’étiquette de favori. « Nous avons toujours refusé les alliances et les fusions. En 2014, je m’étais retiré après avoir fait 20 % pour qu’il y ait un vrai changement d’état d’esprit et en finir avec la féodalité. J’espère que ce changement aura lieu cette fois-ci », explique-t-il.

« Les finances sont dans un état dramatique, l’endettement explose. Je ne sais pas dans quel état le prochain maire va retrouver la ville », assure ce médecin de profession, dont le principal outsider est Christophe Caudron*.

Le rôle de l’abstention

Pour l’emporter, ce dernier ne peut compter que sur le report hypothétique de voix des candidats qui se sont désistés ou sur les abstentionnistes du premier tour (62 %). « Nous avons été victimes d’un certain « dégagisme », mais avec le retrait de deux candidats, on peut penser que les jeux sont plus ouverts », souligne Christophe Caudron qui met en avant « l’expérience et la compétence » de sa liste, face à « l’amateurisme » de ses adversaires.

Enfin, il reste une liste, en bas, à gauche pour cette triangulaire. Pierre-Yves Pira (13 %) a peu de chances d’être élu, mais il a le mérite d’avoir su réunir plusieurs partis, des écologistes aux communistes, en passant par les socialistes.

Il semble néanmoins capable de retrouver le siège d’opposant de gauche qu’il avait occupé entre 2008 et 2014. « Nous avons une porte d’entrée avec le manque de logements sociaux, estime Pierre-Yves Pira. Et certains Lambersartois en ont assez du coût de la vie très cher dans leur commune. »