Déconfinement à Lille : Le centre-ville boudé au bénéfice des centres commerciaux en périphérie

EXCLUSIF Une étude des données GPS des téléphones portables montre une baisse de la fréquentation du centre-ville de Lille

Mikaël Libert

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La fermeture des cafés et restaurants pourrait expliquer la baisse de fréquentation du centre-ville de Lille.
La fermeture des cafés et restaurants pourrait expliquer la baisse de fréquentation du centre-ville de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Les commerces de centre-ville délaissés au profit de ceux situés en périphérie.
  • La fréquentation des centres commerciaux lillois en baisse de moitié par rapport aux chiffres d’avant la crise.
  • La réouverture des cafés et restaurants devrait booster les flux dans le centre de Lille.

Où sont les gens ? Après deux semaines de déconfinement, l’affluence dans le centre-ville de Lille laisse encore à désirer. Dans les rues commerçantes, on est loin de la ruée à laquelle on pouvait s’attendre de la part de Lillois cloîtrés depuis plus de 50 jours. Une étude de la société mytraffic, à laquelle 20 Minutes a eu accès en exclusivité, montre que les consommateurs boudent le centre-ville au bénéfice des commerces en périphérie.

Mytraffic établit des statistiques sur les flux de piétons ou de véhicules en exploitant les données de géolocalisations des téléphones portables. L’étude en question porte sur la fréquentation des centres-villes français sur sept jours depuis le déconfinement, le 11 mai dernier. Les conclusions sont basées sur la comparaison de ces chiffres et de ceux collectés entre le 6 janvier et le 16 mars 2020.

Les commerces des gares désertés

Dans la métropole lilloise, on note donc clairement que les commerces de centre-ville vivent un déconfinement très progressif. Le centre commercial des Tanneurs, qui souffrait déjà d’un certain désamour avant la crise sanitaire, voit la fréquentation frôler les 60 % de ce qu’elle est en temps normal. Westfield Euralille n’atteint que 32 % de sa fréquentation d’avant le coronavirus.

Mais les commerces qui pâtissent le plus de cette sortie de confinement sont ceux installés dans les gares de Lille Flandres et Lille Europe. Le flux de passage n’est que de 20 % pour Flandres et 18 % pour Europe par rapport au flux habituel. Une chute de fréquentation qui s’explique logiquement par le niveau encore très réduit du trafic ferroviaire.

Pourtant, les gens sortent tout de même de chez eux et ils consomment, mais ailleurs. Une semaine après la fin du confinement, le vaisseau mère d’Auchan, Englos les géants, avait retrouvé près de 80 % de sa fréquentation d’avant la crise. Le centre commercial de Lomme, lui, en est à 66 %. Ce constat n’est pas spécifique à Lille et se vérifie dans toutes les grandes métropoles.

Le facteur bars et restaurants

Pour le président de la fédération lilloise du commerce, Romuald Catoire, « l’équation ne sera pas complète tant que les cafés et restaurants resteront fermés. » Après avoir sondé ses adhérents, il a remarqué que les rues comportant une part importante de cafés et restaurants étaient délaissées. « Ça a été particulièrement vrai le premier samedi de déconfinement avec une forte fréquentation de la rue Esquermoise au détriment, par exemple, de la rue de la Monnaie », explique-t-il. Pour lui, il y a néanmoins des secteurs qui s’en sortent mieux que d’autres. « Les commerces qui sont restés ouverts pendant la crise redémarrent mieux puisqu’il n’y a pas eu de perte d’habitude », assure-t-il.

Ce jeudi soir, le Premier ministre Edouard Philippe doit annoncer les mesures pour la phase 2 du déconfinement. Selon Martine Aubry, maire de Lille, restos et bars devraient pouvoir rouvrir dès mardi prochain, y compris à Lille, toujours en zone rouge. L’élue doit d’ailleurs présenter, vendredi, son plan d’accompagnement pour ces établissements, notamment les extensions de terrasses.