Lille : Le petit théâtre « La boîte à rire » craint de devoir baisser le rideau

CORONAVIRUS Une quinzaine d’humoristes tentent de sauver un café-théâtre que la crise du coronavirus a mis en grave difficulté financière

Mikaël Libert

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Le théâtre La boîte à rire, à Lille.
Le théâtre La boîte à rire, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Le monde du spectacle vivant attend toujours le feu vert pour la reprise des représentations.
  • La crise du coronavirus menace la survie du café-théâtre lillois « La boîte à rire ».
  • Les comédiens qui s’y produisent se mobilisent pour tenter de sauver la structure.

Finie la rigolade ? La crise sanitaire du coronavirus a plongé de nombreux secteurs de l’économie dans une détresse sans précédent. Alors que le déconfinement a permis une reprise de la plupart des activités, les acteurs du monde culturel, en particulier ceux du spectacle vivant, rongent toujours leur frein. A Lille, c’est le petit café-théâtre « La boîte à rire » que la pandémie risque d’emporter en tant que victime collatérale. Son sort n’est néanmoins pas encore scellé, les humoristes s’y produisant habituellement ayant décidé de ne pas laisser le rideau se baisser définitivement.

« Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir fêter l’anniversaire du théâtre en septembre prochain », regrette Colette Cazin, qui a créé ce lieu il y a sept ans avec son conjoint, Sébastien. Malgré une capacité limitée à 50 spectateurs, La boîte à rire faisait partie des structures ayant dû se résoudre à fermer leurs portes le 15 mars dernier en raison de l’épidémie de coronavirus. « Le pire, c’est d’être dans l’incertitude, parce que l’on ne nous a toujours pas confirmé une date pour la réouverture », poursuit-elle.

Des charges qui courent et un bailleur qui « fait l’anguille »

La structure est associative mais ne bénéficie d’aucune subvention. Pour subsister, le théâtre ne pouvait compter que sur les recettes de billetterie. « Nous avons pu compter sur le fonds d’aide de l’Etat qui nous a permis de payer certaines charges, pas toutes », explique Colette. Impossible notamment de négocier avec un bailleur « qui fait l’anguille » pour grappiller sur le loyer. Alors, avec 6.000 euros de charges fixes et pas de rentrée d’argent, l’avenir ne s’annonce pas tout rose.

A la Boîte à rire, c’est une troupe d’une quinzaine de comédiens qui jouaient régulièrement avant la crise. Selon la gérante, soit ils sont intermittents, soit ils travaillent à côté. « Ça nous a d’autant plus touchés de voir qu’ils se mobilisaient pour sauver le théâtre qu’ils ne dépendent pas de nous pour vivre », assure Colette. « C’est un endroit familial où l’on se sent chez nous. On n’imagine pas une seconde que cela puisse fermer », se désole Claude Courtens, retraité de l’enseignement devenu comédien. C’est lui qui a lancé l’idée d’une cagnotte en ligne pour sauver la Boîte à rire. « Le spectacle vivant, c’est le parent pauvre. Il y a tellement de demandes, les gens ne peuvent pas donner à l’infini. Mais chaque euro est bon à prendre », insiste-t-il.

Même en cas de réouverture, l’association craint de ne pouvoir tenir longtemps. « Le protocole va nous limiter à 10 voire 15 places. Les gens vont-ils revenir ? Comment assister à un spectacle comique en portant un masque ? », s’interroge la gérante du lieu. « Nous avons tous proposé de jouer gratuitement pour relancer la machine. Il faudra aussi adapter les mises en scènes qui demandent une participation physique du public. Ça va être différent, mais ce n’est pas impossible », estime Claude Courtens.