Lille : La candidate LREM à la mairie estime possible d’organiser une braderie différente

CORONAVIRUS Aucune décision n’a encore été prise sur une annulation de la grande braderie de Lille

Mikaël Libert

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L'édition 2019 de la Braderie de Lille.
L'édition 2019 de la Braderie de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • On ignore encore si la grande braderie de Lille sera maintenue en septembre.
  • L’événement, qui draine des millions de visiteurs, semble incompatible avec l’épidémie de coronavirus.
  • La candidate LREM à la mairie de Lille milite pour le maintien de la braderie dans une version toutefois remaniée.

Tout brader sauf la santé. Neuf jours après un retour à une vie presque normale, les Hauts-de-France sont toujours dans le rouge sur la carte de France du déconfinement, qui n’a pas été mise à jour depuis le 7 mai. Au centre hospitalier de Lille, on se donnait deux à trois semaines avant de constater une reprise ou non de l’épidémie de coronavirus. Nul a ce jour ne sait donc de quoi demain sera fait. En ce qui concerne une éventuelle annulation de la braderie de Lille, traditionnellement prévue le premier week-end de septembre, la mairie ne s’est toujours pas prononcée. Pour autant, la candidate LREM à la mairie de Lille, Violette Spillebout, souhaite maintenir cet événement, dans une version remaniée.

Selon les années, la braderie de Lille attire entre un et trois millions de visiteurs. Ce qui est considéré comme le plus grand vide-greniers d’Europe n’est donc pas, sur le papier en tout cas, compatible avec les mesures sanitaires en vigueur pour tenter d’endiguer la circulation du coronavirus. A ce propos, 20 Minutes avait interrogé deux scientifiques : « Maintenir la braderie, c’est courir le risque de relancer un cycle de transmission », estime Michèle Legeas, enseignante à l’EHESP et spécialiste de l’analyse et de la gestion des situations à risques sanitaires. Violette Spillebout ( 17,53% des voix au premier tour) pense néanmoins que le défi peut être relevé.

Des « pistes » soumises aux Lillois

Avec son collectif « Faire respirer Lille », la candidate a mis sur le tapis des « pistes de travail » qui seront soumises par questionnaire aux Lillois. Parmi ces pistes, Violette Spillebout avance l’idée d’une « braderie tous quartiers » qui serait réservée aux particuliers et étalée sur quatre jours au lieu de trois. Pour éviter l’affluence génératrice de promiscuité, la candidate a imaginé un « système de réservations en ligne pour les visiteurs, par demi-journée et par secteur ».

Pour ne pas léser les commerçants, « Faire respirer Lille » leur propose une braderie dédiée qui aurait lieu pendant les trois premiers week-ends de septembre dans des secteurs piétonnisés pour l’occasion. Cette dernière mesure est d’ailleurs déjà mise en place depuis samedi dans l’hyper centre de Lille. Il est même question de mettre en place une « monnaie spéciale braderie digitale » pour éviter les échanges d’espèces.

En termes de logistique, l’opération semble compliquée mais pas impossible. Après l’annulation de l’édition 2016 en raison de la menace terroriste, des mesures de sécurité drastiques avaient été mises en place les années suivantes. Sauf qu’il s’agira d’étendre ces mesures à l’ensemble de la ville en prenant en compte le facteur sécurité et le facteur coronavirus. Pour cela, Violette Spillebout souhaite que la mairie mobilise « des bénévoles dans tous les quartiers. » A voir si la sauce braderie masquée peut prendre.