Déconfinement à Lille : Plus d'alcool à emporter après des débordements à la Citadelle

CORONAVIRUS Deux restaurants de l’avenue longeant la Citadelle dans les collimateurs de la préfecture et de la mairie

Mikaël Libert

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La vente d'alcool à emporter est interdite aux abords de la citadelle de Lille (illustration).
La vente d'alcool à emporter est interdite aux abords de la citadelle de Lille (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Samedi, des regroupements de personnes ont été constatés aux abords du parc de la citadelle.
  • Deux bars vendaient de l’alcool dans des gobelets que les clients consommaient à proximité, créant des points de fixation.
  • Un arrêté d’interdiction de vente d’alcool à emporter a été pris et une procédure de fermeture administrative est en cours.

Ils ont échappé au pire. Le préfet du Nord a pris des sanctions à l’encontre de deux restaurants situés aux abords de la citadelle de Lille. Des regroupements de personnes avaient été constatés devant ces établissements qui proposaient notamment de l’alcool à emporter lors du premier week-end de déconfinement.

Samedi, il faisait beau à Lille. L’occasion pour de nombreux habitants de profiter d’une sortie à la citadelle, ouverte pour la promenade sur dérogation préfectorale. Sur l’avenue Léon-Jouhaux, qui longe la Deûle, deux établissements étaient ouverts à la vente à emporter : le Corfou et la Guinguette de la Marine. Ces bars-restaurants servaient manifestement ce jour-là des boissons, alcoolisées ou non, dans des gobelets en plastique a confirmé la mairie de Lille à 20 Minutes. Une aubaine pour de nombreuses personnes qui achetaient leurs consommations pour les déguster à quelques mètres de là, assis au bord de la Deûle.

La maire souhaitait des fermetures administratives

Sauf qu’en ces temps de coronavirus, de telles pratiques ne permettaient pas d’assurer la distanciation sociale nécessaire pour éviter un rebond de l’épidémie. « Ces établissements, et d’autres d’ailleurs, étaient déjà sous surveillance parce qu’ils sont connus pour être souvent à la limite », explique Jacques Richir, adjoint au maire de Lille. Et donc, samedi, la police municipale a dressé plusieurs procès-verbaux d’infractions à l’encontre des deux bars-restaurants, notamment pour l’absence de d’affiche mentionnant les gestes barrière ou la non-organisation de files d’attente.

La mairie de Lille avait vivement réagi, demandant au préfet, sur la foi des procès-verbaux dressés, de prendre des arrêtés de fermeture administrative pour les deux établissements. Une demande à laquelle la préfecture n’a qu’en partie donné suite dans l’immédiat.

Ce lundi matin, le préfet du Nord a publié un arrêté interdisant la vente d’alcool à emporter sur l’avenue Léon-Jouhaux. Concrètement, cela signifie que le Courfou et la Guinguette peuvent poursuivre leur activité sous réserve de se mettre en conformité avec les règles sanitaires et à condition de ne pas vendre d’alcool en gobelet. Mais cet arrêté fait aussi office d’avertissement pour la suite. Le préfet rappelle qu’il peut « ordonner la fermeture des établissements recevant du public qui ne mettent pas en œuvre les obligations qui leur sont applicables » dans le cadre des dispositions de lutte contre le coronavirus.

Côté mairie, on assure que la procédure de fermeture administrative suit son cours. « Cela peut demander entre 8 à 15 jours parce que les établissements visés sont invités à donner leurs arguments avant que soit prise la décision définitive », reconnaît l’adjoint au maire. Jacques Richir espère que cela donnera à réfléchir aux autres établissements dans le collimateur : « L’enjeu, c’est la réouverture prochaine des cafés et restaurants. Ce serait dommage de ne pas passer en zone verte à cause de tels comportements », déplore-t-il.