VIDÉO. Déconfinement à Lille : « Je suis contente de retrouver les copines », le grand retour à l'école pour 2.000 enfants lillois

DECONFINEMENT Quelques jours après les enseignants, ce sont les enfants qui ont retrouvé le chemin de l’école à Lille

Mikaël Libert

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Rentrée des classes en petit comité à l'école Lalo-Clément, à Lille.
Rentrée des classes en petit comité à l'école Lalo-Clément, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Deuxième rentrée de l’année. Jeudi matin, à Lille et partout en France, de nombreux enfants sont retournés à l’école deux mois après la fermeture de tous les établissements scolaires en raison de l’épidémie de coronavirus. Pour cette rentrée post-confinement, des règles sanitaires drastiques ont été mises en place, la première d’entre elles étant de limiter à dix le nombre d’élèves par classe. Reportage à l’école élémentaire Lalo-Clément, dans le centre-ville de Lille.

Vers 8h15, ce jeudi matin, parents et enfants arrivent au compte-gouttes devant la grille de l’école. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne se bouscule pas au portillon. « Les arrivées sont échelonnées sur une heure pour éviter que trop de monde ne se croise », explique Didier Cassez, le directeur de l’établissement. De toute façon, peu d’élèves sont attendus, le nombre maximum par classe ayant été limité à dix.

« Elles appréhendaient un peu, surtout la récréation »

Dans cette école qui compte habituellement un effectif de 264 enfants, seuls 64 effectueront cette rentrée post-confinement. « Nous avons décidé de rouvrir tous les niveaux en élémentaire avec une capacité pour accueillir 3.600 enfants dans cette configuration », assure Charlotte Brun, adjointe au maire en charge de l’éducation. Néanmoins, les établissements ne croulent pas sous les demandes de parents puisque seulement 2.000 enfants ont effectivement repris l’école.

Devant la grille, Bérangère et ses deux filles, Floriane et Mélyne, attendent leur tour. « Je n’ai pas hésité longtemps avant de décider de remettre les enfants à l’école, notamment à cause de mon travail », reconnaît la maman. Et les fillettes sont loin d’être malheureuses de retourner en classe : « Je suis contente de retrouver les copines même si on doit rester éloignées », affirme Floriane, 10 ans. « Elles appréhendaient un peu, surtout la récréation. On en a parlé avec elles et on a répété les gestes barrière », plaisante Bérangère.

Derrière le trio, Benoît et le petit Noa font la queue. Chercheur à l’institut Pasteur, le papa n’était pas inquiet à propos des mesures sanitaires. « On s’est surtout posé la question de savoir s’il n’allait pas se sentir trop seul », glisse le scientifique. A l’instar de Florian et Mélyne, Noa piaffe de retrouver ses camarades, « et la maîtresse », promet-il. Les règles à suivre, il connaît ça par cœur : « on tousse dans son coude, on s’éloigne des autres et on prête pas ses affaires », récite le petit garçon.

Lavages des mains, visages masqués et distances de sécurité

Passée la grille, les enfants sont pris en charge par des personnels scolaires aux visages masqués. Lavage des mains obligatoire avant d’entrer dans des classes vidées de la moitié de leurs tables. En préambule, de petites vidéos sont diffusées afin d’expliquer l’épidémie de coronavirus aux enfants. « Il s’agit d’expliquer cette pandémie avec des mots adaptés aux enfants », insiste une institutrice de CP.

Pour les récréations, le directeur de l’établissement a décidé de scinder l’effectif en deux groupes. A Lalo-Clément, il n’est pas question de cantonner les enfants dans des carrés dessinés à la craie sur le sol comme on a pu le voir dans une école de Tourcoing. Pour la cantine, même principe, toujours pour éviter un trop grand nombre de personnes au même endroit en même temps.

« L’accueil des enfants s’est fait selon le caractère prioritaire des métiers des parents : soignants, fonctionnaires, secours… Sauf exception, les effectifs ne devraient pas bouger jusqu’à la deuxième phase, en juin. A ce moment, l’accueil sera élargi », affirme l’adjointe à l’éducation. A voir si le bilan des premières semaines de reprise saura convaincre les parents méfiants de remettre leurs bambins à l’école.