« Vous ne pouvez pas Nous prêter des artistes hongrois ? »

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« Je suis Hongroise. Je suis venu voir comment je peux vous aider... » Une cinquantaine de regards se tournent vers la jeune femme brune au français hésitant. Comme si, en deux petites phrases, le Messie était apparu dans la salle exiguë de la maison folie de Moulins.

Pour Lille 3000, chaque quartier lillois a hérité d'un pays et d'un week-end. Charge aux assos et aux habitants d'organiser la fête en fonction de ces deux contraintes. A Moulins, ce sera sur le thème de la Hongrie, le 28 juin prochain.

Mais vendredi, lors d'une réunion préparatoire, les forces vives ont pu se rendre compte de l'ampleur de la tache qui les attend. « Avec les enfants des écoles, on a bossé sur le conte Baba-Yaga. Mais c'est une histoire russe ! », lance l'un des membres. Emmanuel Vinchon, responsable de Lille 3000, prend tout de même note de l'initiative. « Mais vous ne pouvez pas nous prêter des artistes hongrois ce week-end-là ? », lui demande un jeune homme. « Oui, on peut l'envisager, répond le responsable. Le plus important pour vous, c'est de raconter une histoire. » L'assemblée reste perplexe. Pourtant, les structures culturelles sont nombreuses à s'être déplacées. Avant tout pour défendre leur pré carré. « On a une programmation tchèque prévue de longue date, annonce la responsable du théâtre du Prato. Il n'est pas question qu'on change maintenant... » Présidente du conseil de quartier, Françoise Rougerie esquisse un sourire. « Ça va être le bordel. Mais qu'est-ce qu'on aime ça ! »

Vincent Vantighem