Coronavirus : Plus de 2.000 prototypes de masques en tissu ont déjà été fabriqués et testés depuis le début de l’épidémie

EQUIPEMENT L’Institut français de textile et d’habillement vient de tester son 2.000e prototype de masque conçu depuis le début de la crise sanitaire

Gilles Durand
Bourgoin jallieu Nord Isere le 30/04/2020: Photo illustration des masques en tissu dans un bureau tabac .//ALLILIMOURAD_ALLILI4677/2004301607/Credit:ALLILI MOURAD/SIPA/2004301610
Bourgoin jallieu Nord Isere le 30/04/2020: Photo illustration des masques en tissu dans un bureau tabac .//ALLILIMOURAD_ALLILI4677/2004301607/Credit:ALLILI MOURAD/SIPA/2004301610 — ALLILI MOURAD/SIPA
  • L’Institut français du textile et de l’habillement a testé, lundi, son 2.000e prototype de masque en tissu.
  • Jamais autant d’entreprises françaises ne s’étaient fait référencer pour fabriquer un produit en si peu de temps.
  • Tous ces masques sont testés pour garantir leur efficacité.

« Il s’agit d’une mobilisation sans précédent ». Jamais Jacques-Hervé Levy, directeur général de l’IFTH (Institut français du textile de l’habillement) n’avait vu autant d’entreprises françaises de production textile se faire référencer pour un produit en si peu de temps.

Depuis le début de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, il y a un mois et demi, un millier de sociétés spécialisés dans le textile se sont, en effet, lancées dans la fabrication de masques en tissu.

Mesurer l’efficacité

Ainsi, sur le site d’Ecully, près de Lyon, l’IFTH a testé son 2.000e masque, lundi. « Il s’agit de mesurer l’efficacité de ces produits destinés au grand public, car, au départ, ils ne sont pas destinés au personnel soignant. Ce sont des masques barrière pour protéger les gens autour de vous », explique Jacques-Hervé Levy à 20 Minutes.

Face au développement de ces nouveaux moyens de protection, les ministères de la Santé, de l’Economie et du Travail ont instauré, depuis le 29 mars, deux catégories de performance : la catégorie 1 désigne des masques destinés aux personnes en contact régulier avec le public, la catégorie 2 vise celles qui n’ont que des contacts occasionnels avec d’autres.

« Par exemple, si deux personnes portent des masques de catégorie 1, le risque de contagion se situe entre 0,5 % à 1 % », précise Jacques-Hervé Lévy. Mais ce label d’efficacité n’est pas donné à tous les masques confectionnés. Un test de filtration et de respirabilité, effectué à Paris par la Direction générale de l’Armement, est nécessaire. Et il est parfois impitoyable.

Pouvoir respirer en empêchant les microbes de passer

« C’est le problème de ces masques : laisser passer suffisamment l’air pour pouvoir respirer, mais le filtrer suffisamment pour empêcher les microbes de passer. Les masques FFP2, par exemple, ne passeraient sans doute pas le test de respirabilité », avoue le DG de l’IFTH.

Ce test d’efficacité permet d’obtenir le label « grand public », après enregistrement auprès de la direction générale des entreprises (DGE). L’IFTH, de son côté, expérimente la capacité à supporter le lavage. « Si le fabricant affirme une fiabilité du masque après vingt lavables, on vérifie », précise Jacques-Hervé Levy.

Et voilà comment, chaque jour, de nouveaux masques en tissu arrivent sur le marché avec les logos garantissant leur fiabilité.