Coronavirus : Deux sociétés roubaisiennes inventent un caisson pour protéger les soignants des risques de contamination

INNOVATION Deux entreprises de Roubaix ont créé un caisson de protection pour permettre des actes chirurgicaux très contaminants

Gilles Durand

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Prototype de la Covibox, caisson de protection pour effectuer des trachéotomies sur des patients atteints du Covid-19.
Prototype de la Covibox, caisson de protection pour effectuer des trachéotomies sur des patients atteints du Covid-19. — Dartagnan-Bonne Impression
  • Deux sociétés roubaisiennes viennent de créer un caisson de protection permettant d’isoler les patients du reste de la salle d’opération.
  • Ce dispositif doit permettre de protéger le personnel médical des particules virales projetées et en suspension dans l’air lors d'actes particulièrement contaminants.
  • Cet outil est expérimenté depuis deux semaines dans l’unité de chirurgie ORL de l’APHP La Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Une boîte en plexiglas pour opérer en toute sécurité, en période de coronavirus. Deux sociétés roubaisiennes viennent de créer un caisson de protection permettant d’isoler les patients du reste de la salle d’opération afin de protéger le personnel médical des particules virales projetées et en suspension dans l’air. Cet outil est expérimenté depuis deux semaines dans l’unité de chirurgie ORL de l’AP-HP La Pitié-Salpêtrière, à Paris.

« Nous avons déjà opéré trois patients atteints de Covid-19 avec ce dispositif », raconte Yann Nguyen, chirurgien à l’origine du prototype. Pour l’instant, seul son équipe utilise cette boîte baptisée Covibox. Dès la semaine prochaine, cinq autres caissons doivent être livrés à l’APHP pour multiplier les tests en vue d’une éventuelle certification.

« La trachéotomie, un des actes les plus contaminants »

Car selon le professeur Nguyen, ce dispositif est « très utile ». « Je suis un peu juge et partie dans l’affaire, car c’est moi qui ai proposé à une société de marketing digital de Roubaix, baptisée Dartagnan, de plancher sur le sujet, explique-t-il. Mais j’en vois les bénéfices lorsqu’on pratique une trachéotomie. C’est un des actes les plus contaminants, dans la mesure où il s’effectue directement sur les voies respiratoires et expose l’équipe médicale à des projections de particules virales. »

Or la trachéotomie devient souvent nécessaire lorsqu’un patient atteint du Covid-19 doit être placé en réanimation et ventilé pendant plusieurs jours. « L’intubation sur le long terme peut provoquer des lésions du pharynx et des cordes vocales. De plus, elle est difficile à mettre en place pour des patients en surpoids. Pour éviter ces lésions, une trachéotomie permet de raccourcir le chemin entre la machine et les poumons en plaçant une canule courte à travers la peau du cou », souligne Yann Nguyen.

Stratégie alternative

D’où l’idée de ce caisson transparent pour éviter les projections sur les soignants lors de l’opération chirugicale. « J’ai vu quatre ou cinq prototypes de ce genre sur des groupes Facebook en Belgique, aux Etats-Unis et en Corée, note le chirurgien. J’ai proposé à une amie qui travaille à Roubaix de nous aider à en fabriquer. »

Cette amie, c’est Christine Richard, directrice de Dartagnan. « Depuis le début de la crise sanitaire, nous souhaitions apporter notre aide au personnel médical, indique-t-elle. Nous nous sommes tournés vers l’un de nos partenaires, Bonne Impression, qui fabrique nos enseignes ».

En une semaine, un premier prototype a vu le jour, « gracieusement à disposition de l’AP-HP, tout comme les cinq Covibox suivantes » précise Christine Richard. « Cet outil fait partie des stratégies alternatives mises en œuvre depuis le début de la vague épidémique, ajoute Yann Nguyen. Mais il ne doit pas se substituer aux masques et aux lunettes qui restent indispensables. »