Le collectif C'Sur quitte la table de Calais

Gilles Durand - ©2008 20 minutes

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Dernières marmites, dernière vaisselle. Drôle de dimanche pour les dix bénévoles et la salariée de la Belle Etoile, venus préparer le dernier repas pour les migrants de Calais. Au menu : poule, citrouille, légumes et pâtes pour cinq cents personnes.

Comme l'avait annoncé le collectif C'Sur, la distribution de déjeuners a donc officiellement cessé, hier, dans une ambiance plombée par la grisaille, le crachin et la déception. « Au départ, cette décision m'a choqué, avoue Joël Deseigne, un des fondateurs de l'association. Mais j'ai compris que c'était le seul moyen d'interpeller les pouvoirs publics. »

Pourtant, la plupart des bénévoles se disent prêts à poursuivre l'activité. Mais plus dans ces conditions. « On ne s'en sort pas, souligne Christian Salomé, un ancien d'Eurotunnel. L'investissement est de plus en plus grand. Or il faut se préserver une vie personnelle. » Une amertume amplifiée par les tractations de ces derniers jours, où la mairie a multiplié les fausses annonces. Sur les locaux qui ne seront finalement que des préfabriqués aménagés par le conseil général, d'abord. Sur l'engagement de l'Association d'entraide du Calaisis (AEC), qui a finalement jeté l'éponge, ensuite.

Mais, à la Belle Etoile, personne ne veut croire à un total désengagement. « Il y aura des rebondissements », prédit-on. Sous la pluie glaciale, les migrants semblaient, quant à eux, déjà résignés. « Ils ne veulent pas qu'un morceau de pain, avance Nadine Bouteille, la salariée de La Belle Etoile. Ils veulent surtout qu'on s'occupe d'eux. »

Aujourd'hui, les membres de la Belle Etoile retourneront sur place à 14 h. De son côté, s'il met fin aux déjeuners, le collectif C'Sur a tout de même prévu de venir servir le thé au migrants. Avant une nouvelle réunion, qui doit décider de l'avenir de ce mouvement de protestation à l'égard des pouvoirs publics.