Lille : Trois gardiens de la paix empêchent un adolescent de se suicider

FAITS DIVERS Un policier chargé de la sécurité des transports en commun, à Lille, raconte comment, avec ses collègues de patrouille, il a sauvé un jeune homme prêt à se jeter d'un pont

Gilles Durand

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Le pont d'Erfurt, à Lille.
Le pont d'Erfurt, à Lille. — Google Maps
  • Trois gardiens de la paix, chargés de la sécurisation des transports en commun, ont sauvé la vie d’un jeune homme de 17 ans, dimanche soir, à Lille.
  • L’adolescent a failli se suicider en sautant d’un pont, près de la gare Lille Europe.

Une expérience angoissante. Trois gardiens de la paix du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC) ont sauvé la vie d’un jeune homme de 17 ans, dimanche soir, à Lille, dans le Nord. L’adolescent a failli se suicider en sautant d’un pont, près de la gare Lille Europe.

Il est 23 h lorsque la patrouille de Cédric, Guillaume et Christophe rentre à Lille en voiture après un ultime contrôle dans le dernier tramway pour Roubaix. « Arrivés à l’entrée de Lille, nous sommes alertés par un automobiliste qui nous prévient qu’un jeune homme se trouve au bord d’un pont enjambant le périphérique, prêt à sauter », raconte Cédric à 20 Minutes.

Les yeux hagards, les pieds joints

Les trois gardiens de la paix se rendent alors sur les lieux, le pont d’Erfurt, derrière l’hôtel Crowne Plaza. Sur place, ils découvrent un ado vêtu de noir, les yeux hagards regardant le vide et les pieds joints, derrière le parapet. « On a tenté d’engager la discussion, mais il est resté fermé. C’est compliqué dans ces cas-là. On ne sait pas quoi faire », explique Cédric.

Quelques minutes plus tard, ils parviennent à recouper l’identité du suicidaire. « Ses parents avaient déclaré une disparation inquiétante dans l’après-midi », précise le gardien de la paix. Un dialogue tente de s’installer, mais le jeune homme n’est pas disposé à parler.

Une épreuve d’autant plus difficile à vivre pour Cédric qu’il a déjà assisté à un suicide, il y a quelques années, lorsqu’il travaillait en Seine-Saint-Denis. « Un homme avait sauté du 4e étage d’un immeuble, sous mes yeux », se souvient-il.

Mon collègue l’a attrapé par la ceinture

Des monologues s’installent pour lui redonner goût à la vie. Jusqu’à ce que Cédric et ses collègues changent de stratégie. « On a commencé à lui dire qu’il pouvait provoquer un accident grave et tuer des gens, peut-être même des enfants, en se jetant sur la route. Ça a marché. Sans dire un mot, il est venu vers nous, puis, soudain, s’est mis à détaler vers un autre pont situé de l’autre côté de la gare de Lille Europe. »

Et ce pont donne sur un parc. « On a vite compris qu’il avait toujours l’intention de sauter. Heureusement, mon collègue l’a attrapé par la ceinture au moment où il enjambait le parapet et je suis arrivé à temps pour faire basculer les deux sur le trottoir. On l’a momentanément menotté pour l’immobiliser. »

Le jeune homme, qui habite près de la gare de Lille, a été pris en charge par les pompiers qui l’ont conduit à l’hôpital. « Nous avons eu une discussion avec les parents apeurés qui ne comprenaient pas son geste, note Cédric. Visiblement, ce n’est pas lié au confinement. Mais lui n’a jamais voulu nous parler. »