Coronavirus à Lille : « La reprise d’activité sur les pathologies non Covid va être très complexe », estime le centre hospitalier

SANTE Le CHU de Lille évoque « une stagnation de la vague épidémique » et « le passage prochain à une réorganisation des soins » qui sera compliqué à gérer

Gilles Durand
— 
Prise en charge d'un patient atteint du Covid-19 au CHU de Lille.
Prise en charge d'un patient atteint du Covid-19 au CHU de Lille. — Sarah Alcalay / SIPA
  • Le CHU de Lille a annoncé un retour progressif à une activité plus habituelle des soins, tout en conservant une capacité d’accueil de patients atteints du Covid-19.
  • Les soignants ont constaté « des retards dans la prise en charge d’autres pathologies que le Covid-19 », selon le CHU de Lille.
  • Le taux de mortalité lié au Covid-19 en réanimation est identique à celui des autres pathologies.

La tension baisse doucement. Lors de son point presse hebdomadaire, le centre hospitalier (CHU) de Lille, dans le Nord, évoque clairement « une stagnation de la vague épidémique » et « le passage prochain à une réorganisation des soins ». Mais ce retour progressif à une activité plus habituelle est loin d’être la dernière phase de l’organisation particulière liée à l’épidémie de Covid-19.

« La reprise d’activité sur les pathologies non Covid va devoir cohabiter avec le traitement de patients atteints par le coronavirus, et ce pendant de longs mois. Ça va être très complexe, nous allons devoir nous adapter car nous sommes incapables de mesurer à quel rythme ces patients Covid vont devoir être accueillis », estime le professeur François-René Pruvot, président de la Commission médicale du CHU de Lille.

Retard dans la prise en charge d’autres pathologies

Une chose est sûre, les soignants ont constaté « des retards dans la prise en charge d’autres pathologies que le Covid-19 », explique Daniel Mathieu, chef du pôle réanimation au CHU de Lille. Par exemple, des cas de péritonite chez des jeunes patients qui avaient trop attendu et un ou deux cas aggravés d’infarctus qui n’ont pas été pris en charge suffisamment tôt faute d’alerte.

Le CHU de Lille se dit désormais en capacité de redéployer ses forces. « Les entrées en réanimations liées au Covid-19 sont en baisse, note Daniel Mathieu. Le séjour en réanimation est à peu près de 20 jours pour les personnes sévèrement atteintes. Aujourd’hui, le taux d’occupation des lits est lié à une forte montée il y a trois semaines. »

Pour le professeur Mathieu, un premier constat s’impose : quatre patients Covid-19 sur cinq sortent de réanimation guéris. « Le taux de mortalité en réanimation ne diffère pas des affections usuelles, note-t-il. Il est à peu près de 20 %. Ce qui signifie que le Covid-19 est, certes, une infection grave, mais que cette pathologie ne donne pas lieu à un diagnostic désespéré. »