Coronavirus : Comment savoir si un masque en tissu anti-Covid-19 est réellement protecteur

SANTE Des masques comme le Garridou, pourtant homologué par le centre hospitalier de Lille, sont jugés non conforme par le Direction général de l’Armement

Gilles Durand

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Lille, le 21 avril 2020. Une centaine de coutirières bénévoles fabriquent des masques de protection Garridou afin de les distribuer aux Lillois en prévision de la levée du confinement.
Lille, le 21 avril 2020. Une centaine de coutirières bénévoles fabriquent des masques de protection Garridou afin de les distribuer aux Lillois en prévision de la levée du confinement. — M.Libert / 20 Minutes

Edit, jeudi 23 avril : A la suite de la parution de l’article, le CHU de Lille précise que le masque n’est pas utilisé lors de soins, mais qu’il peut être porté par du personnel hospitalier dans une situation hors soin. La direction précise que la Direction générale de l’Armement ne délivre pas d’homologation.

« Non conforme », « Catégorie 1 » ou « Catégorie 2 ». La fabrication de masques en tissu dans la lutte contre la propagation du coronavirus bat son plein dans toute la France. Pour pallier la pénurie de masques de protection, chacun y va de son prototype. Avec une efficacité plus ou moins avérée.

C’est pourquoi l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH) a publié, le 16 avril, une base de données pour indiquer le niveau de protection de ces masques réservés à des usages non sanitaires.

Deux catégories de masques conformes

Depuis le 29 mars, les ministères de la Santé, de l’Economie et du Travail ont instauré deux catégories : la catégorie 1 désigne des masques destinés aux personnes en contact régulier avec le public, la catégorie 2 vise celles qui n’ont que des contacts occasionnels avec d’autres.

Ce sont plus de 130 associations de matières qui ont ainsi été testées par la Direction générale de l’Armement (DGA) pour évaluer le niveau de performance. Et nombreuses sont celles jugées « non conformes ». C’est le cas notamment, du Garridou, créé et homologué par le centre hospitalier de Lille, dans le Nord. Il a été jugé « non conforme » pour un problème de respirabilité. 

« Certes, le masque est efficace pour empêcher le passage de particules comme les virus, mais il ne peut pas être utilisé longtemps et peut provoquer le développement d’autres agents bactériens. Il ne faudrait pas que les gens se sentent en sécurité alors qu’ils ne le sont pas », précise un délégué CGT qui met en garde contre l’utilisation de masque Garridou par des professionnels en milieu hospitalier.

Solution alternative ?

« Nous ne comprenons pas que ces masques soient encore distribués au personnel soignant. Il n’est pas question de faire de l’anti-Garridou car c’est une très belle initiative, mais il existe des modèles conformes produits par d’autres fabricants », souligne la CGT.

Contacté par 20 Minutes, le CHU de Lille confirme qu’il « n’est pas question d’en équiper le personnel soignant ». Lors de la conception du masque au sein de l’hôpital, il était pourtant présenté comme une « solution alternative ». Mais pour qui ?

Selon la maire de Lille, Martine Aubry – qui a décidé de fabriquer des Garridou à grande échelle pour sa ville – « une deuxième version, plus respirante, doit bientôt sortir ».

En attendant, la liste des masques conformes est disponible sur le site de l’IFTH. « Ce tableau est amené à évoluer et à être complété au fur et à mesure des résultats de la DGA, explique l’IFTH. Il donne aux entreprises des indications pour le moment. »