Coronavirus dans le Nord: La fabrique bénévole de masques en tissu se multiplie

DEBROUILLE Dans le Nord, des couturières volontaires ont organisé leur petite équipe de fabrication de masques en tissu pour lutter contre la propagation du coronavirus

Gilles Durand

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Confection de masques contre le coronavirus.
Confection de masques contre le coronavirus. — G. Durand / 20 Minutes
  • La ville de Lille a installé un espace de couture au sein de l’hôtel de ville pour confectionner des masques contre la propagation de l’épidémie.
  • Deux couturières bénévoles ont également monté, depuis plusieurs semaines, des équipes pour fabriquer des masques.
  • Ils ne sont pas forcément conformes, mais ils sont une barrière contre les postillons.

Le déconfinement se prépare. Et dans son sillage, la possibilité de se protéger enfin du coronavirus avec un masque. Reste à les confectionner dans la mesure où la population risque de ne pas avoir accès aux fameux FFP2 réservés au personnel soignant.

Dans cette optique, la ville de Lille a mis en place, la semaine dernière, l’opération « Des masques pour tous » afin de contribuer à la confection locale de masques en tissu qui doivent être offerts à tous les Lillois.

Sessions de couture

Depuis lundi, les habitants qui savent coudre et disposent d’une machine sont invités à se joindre aux sessions de couture qui ont lieu à l’hôtel de ville. « Cent places sont disponibles pour accueillir les bénévoles avec leur outil, chaque jour », précise la mairie.

A travers ses centres sociaux, les villes de Villeneuve d’Ascq et de Roubaix ont aussi constitué un bataillon de fabricants de masques. Autant d’initiatives qui viennent s’ajouter à celles de nombre de couturières et couturiers bénévoles qui, depuis plus d’un mois, viennent pallier la pénurie de protections sanitaires.

« On donne des centaines de masques par semaine »

A 64 ans, Sabine Carrez a été une des premières à s’investir solidairement. Dès le 13 mars, cette retraitée, ancienne responsable dans un laboratoire d’analyse médicale, a décidé de confectionner elle-même des masques en tissu, à son domicile, à Templeuve-en-Pévèle, près de Lille.

« J’ai quatre enfants qui travaillent dans le médical, raconte-t-elle à 20 Minutes. Les masques manquaient partout, alors j’ai commencé à en coudre. Petit à petit, on a organisé une start-up de volontaires devant l’afflux de la demande. » Aujourd’hui, elles sont une vingtaine, réparties dans trois communes, à faire vibrer l’aiguille à coudre.

« Les pompiers sont venus pour avoir du stock, j’en ai offert aux facteurs du secteur, on en donne des centaines par semaine, indique-t-elle. Ma salle à manger est devenue un véritable atelier d’usine. »

Une chaîne de solidarité

A une dizaine de kilomètres de Templeuve, Dorothée Comyn a organisé, elle aussi, une petite équipe de production à Sainghin-en-Mélantois. Ses masques, comme ceux de Sabine Carrez, ne sont pas jugés conformes par les autorités ministérielles, « mais ils sont bien utiles pour éviter la contagion par les postillons », explique l’ancienne déléguée médicale qui a ouvert une boutique de vêtements dans sa commune, il y a quatre ans.

« Avec une dizaine de coupeuses et une dizaine de couturières, on en a déjà fabriqué plus de 1.500 qu’on distribue gratuitement. Récemment, c’est même le service oncologie du CHU de Lille qui nous en a commandés pour les patients atteints de cancer », souligne Dorothée Comyn, également conseillère municipale.

Dans ces deux communes, c’est une véritable chaîne de solidarité qui s’est formée jusqu’aux merceries ou grossistes en textile qui ont offert tissus et élastiques. « Il faudra bien que tout le monde ait son masque quand on sortira du confinement, assure-t-elle. Et si on doit attendre les commandes… »