Coronavirus : L’adoption dans les refuges encore impossible à Lille et Roubaix

ANIMAUX Malgré l’annonce par le gouvernement d’une reprise des adoptions dans les refuges pour animaux, dans les faits, cela demeure plus compliqué par endroits

Mikaël Libert

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Un chien au refuge de la LPA de Lille.
Un chien au refuge de la LPA de Lille. — LPA

Lenteurs administratives. En fin de semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il serait de nouveau possible d’adopter des animaux dans les refuges à partir du 16 avril malgré le confinement qui va perdurer jusqu’au 11 mai. L’Etat avait entendu l’appel de plusieurs associations de protection des animaux qui alertaient sur le recours possible à l’euthanasie dans certains refuges saturés. Néanmoins, à Lille et Roubaix, la Ligue protectrice des animaux (LPA) n’a pas encore reçu le feu vert de l’administration pour rouvrir ses portes aux adoptants.

Dans les deux refuges de la LPA à Lille et Roubaix, les bestioles qui y sont hébergées vont devoir y rester encore un peu. Chiens, chats et autres nouveaux animaux de compagnie (NAC) n’ont pas trouvé leur salut dans les annonces gouvernementales, le sort dépendant d’une autre administration : « Tous les refuges dépendent d’une autorité locale qui est la Direction départementale de la protection des populations. Le service qui régule notre activité doit nous confirmer cette dérogation pour pouvoir remettre en place la sortie des animaux à l’adoption. Ce n’est pas encore le cas pour nous », explique Christina Devulder, en charge des relations publiques pour la LPA du Nord.

Aucun risque d’euthanasie par manque de place à Lille et Roubaix

Si l’accord de la DDPP ne doit plus tarder, il restera toutefois inutile de vous précipiter pour adopter un animal de compagnie. La réouverture à l’adoption se fera par étapes. « Nous allons d’abord privilégier les sorties d’animaux via les associations spécialisées. Ensuite ce sera au tour des animaux qui ont été réservés avant le confinement, cela concerne entre 5 et 10 chiens à Lille et Roubaix », précise Christina Devulder. Pour les autres animaux, cela se fera ensuite au cas par cas : « Il nous est impossible de laisser partir un chien au caractère un peu difficile après un simple entretien téléphonique et une seule courte visite », insiste la salariée de la LPA.

Pas d’affolement cependant, aucun des animaux des refuges de Lille et Roubaix se sera euthanasié par manque de place. « L’activité est très ralentie puisque l’on fait en une semaine ce que l’on fait habituellement en une journée. Il n’y a pas eu de vague d’abandon comme on aurait pu le craindre », se réjouit Christina Devulder. Au total, sur les deux sites, la LPA dénombre 300 animaux, dont 40 % de chats, 30 % de chiens et 30 % de NAC (lapins, serpents, tortues).

Parmi ces NAC, la LPA de Lille a même compté un singe. « Le premier jour du confinement, un homme est venu nous apporter un capucin qu’il détenait illégalement. Nous l’avons transféré depuis au zoo la Tanière », poursuit la chargée des relations publiques. La LPA a parfois dû intervenir pour des animaux laissés seuls dans des domiciles dont les occupants étaient partis se confiner ailleurs. Il y a eu aussi quelques cas de récupération chez des personnes hospitalisées après avoir été infectées par le coronavirus.