Coronavirus à Lille : Le pic de l’épidémie est atteint depuis quelques jours, selon le centre hospitalier

SANTE Depuis quelques jours, le centre hospitalier de Lille constate une stabilisation de l’activité liée aux patients atteints du Covid-19

Gilles Durand

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En immersion avec le Samu du Nord. Un patient, suspecte d'être Covid 19, pris en charge par l'équipe du Samu est emmené au CHU. Lille, le 6 avril 2020.
En immersion avec le Samu du Nord. Un patient, suspecte d'être Covid 19, pris en charge par l'équipe du Samu est emmené au CHU. Lille, le 6 avril 2020. — Sarah ALCALAY/SIPA
  • Le centre hospitalier de Lille (CHU) annoncé « la stabilisation de l’activité » concernant la prise en charge de patients atteints du Covid-19.
  • Entre 90 et 100 patients restent actuellement encore dans les services de réanimation.
  • Comme ailleurs, Il reste une forte tension sur les médicaments utilisés en réanimation.

Prudent, mais confiant. Le centre hospitalier de Lille (CHU) annoncé, ce jeudi, un « constat de plateau depuis quelques jours » et « la stabilisation de l’activité » concernant la prise en charge de patients atteints du Covid-19. « Mais nous restons prudents, il n’y a pas encore de baisse », souligne Frédéric Boiron, directeur général du CHU de Lille, lors d’une visioconférence de presse.

Entre 90 et 100 patients restent actuellement encore dans les services de réanimation et environ 70 de plus, touchés par le coronavirus, sont hospitalisés au CHU de Lille. « Nous ne diminuons pas encore le dispositif mais c’est envisagé car nous devons continuer à faire face aux besoins de santé hors Covid-19 », précise Frédéric Boiron.

Baisse de la pression de diffusion de l’épidémie

L’indicateur qui permet d’imaginer aujourd’hui ce nouveau scénario, c’est celui de la capacité de diffusion de l’épidémie à partir d’un individu. « A Lille, cette pression de diffusion du coronavirus est passée de 0,83, le 8 avril, à 0,37, le 15. Ce bon résultat est lié au confinement qui porte ses fruits », indique le professeur François-René Pruvot.

En clair, selon cette modélisation de l’épidémie, la possibilité pour un individu d’en contaminer un autre est descendue à 0,37. « En dessous de 1, on commence à maîtriser l’épidémie », ajoute le professeur Julien Poissy. En France, l’indicateur se situe à 0,58. A noter que cet indicateur se situait à 3,3 au niveau national avant le confinement.

Pénurie de médicaments ?

Autre signe qui montre une stabilité de l’épidémie dans la région, « pour la première fois, deux lits de réanimation étaient disponibles, mercredi, à Beauvais », signale Patrick Goldstein, patron du Samu 59. Autant d’informations rassurantes pour le personnel soignant.

Les mauvaises nouvelles restent la « forte tension sur les médicaments utilisés en réanimation », comme le reconnaît, le directeur du CHU de Lille qui assure que, néanmoins, « il n’y a pas de rupture ». « Nos pharmaciens travaillent sur des alternatives pour éventuellement fabriquer ces médicaments de sédation profonde », reconnaît Patrick Goldstein. Sauf qu’il faut rapatrier les principes actifs et que ça coûte très cher.