Coronavirus à Lille : Engouement inattendu autour de la « Confinouze », la bière des confinés

INSOLITE Les trois gérants d’un bar lillois ont eu l’idée de sortir une bière brassée pendant le confinement

Mikaël Libert

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La Confinouze,la bière des confinés imaginée par les gérants de La Pépite.
La Confinouze,la bière des confinés imaginée par les gérants de La Pépite. — La Pépite

Mettre l’ennui à profit. Il y a une petite semaine, Victor, Théo et Kamil, les gérants du bar lillois La Pépite, ont eu une idée de dingues. Leur établissement fermé en raison de l’épidémie de coronavirus, ils ont voulu marquer le coup en créant la « Confinouze », la bière des confinés. Une initiative originale, mais pas si simple à mettre en œuvre, surtout en restant chacun chez soi.

« La bière des confinés n’aura pas le goût de renfermé », promet Victor Vercamer, l’un des trois gérants du bar La Pépite. Avec ses comparses, tous originaires de la métropole, Victor a ouvert son établissement il y a deux ans, place Sébastopol. Et bam, voila que la tuile du coronavirus leur tombe sur la tête, les obligeant à fermer boutique. « Il n’y a aucune rentrée d’argent et, si certaines charges sont gelées, il y en a qu’il faut tout de même payer tout de suite, notamment une partie du salaire des trois employés », explique le jeune homme.

«Ce n’est pas facile de brasser une bière à distance»

Outre l’aspect économique, il y a aussi le fait qu’ils s’ennuient ferme les trois amis. Alors ils ont mixé dans leurs têtes l’arrivée du printemps et le confinement dans un concentré qui prendra la forme d’une bière. « On voulait un produit éphémère en lien avec l’événement. Quelque chose d’estival puisque cela ne sortira pas avant mai ou juin », poursuit Victor. Ils ont contacté la brasserie Bellenaert, à Bailleul, pour soumettre leur idée. Et l’idée a plu. Ainsi, un premier brassin de mille litres de Confinouze a été lancé pour une livraison espérée au 26 mai. « Ce n’est pas facile de brasser une bière à distance, par téléphone, sans pouvoir goûter. Le brasseur nous a expliqué la recette, ce sera la surprise », confie le gérant de la Pépite.

Pour des raisons liées au confinement et parce qu’ils ne sont pas les seuls à être dans la panade, les associés ont décidé de valoriser le local. Ingrédients, fabrication, étiquettes, tout sera fait dans le Nord avec des produits de saison. Le coût total du brassin est estimé à 3.000 euros. C’est là qu’intervient le financement participatif.

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La cagnotte en ligne, lancée mercredi dernier, a très vite rencontré un succès inattendu. « On s’attendait à récolter 500 euros de prévente le premier jour. On a finalement fait le triple, les gens ont accroché, ça fait vraiment plaisir », s’enthousiasme Victor. Ce jeudi, le montant frôle les 5.500 euros et les trois amis ont revu leurs ambitions à la hausse. « On vise les 6.000 euros. La moitié servira à payer le brassin, une autre partie à payer les charges et à dégager un peu de trésorerie. Le reste sera reversé pour les soignants », assure-t-il. Ce don, il l’estime à environ 20 % de la somme totale récoltée. Mais, pris de court par l’engouement populaire, ils n’ont pas encore eu le temps de réfléchir à la forme sous laquelle l’argent sera reversé. Peut-être un open bar à la Pépite ?